Hélas, comme cela arrive parfois pour ce type de concert placé en plein été, l’affluence n’est pas au rendez-vous. Alors que Dour fait quasi sold out à quelques heures d’ici et que le week-end s’annonce chargé dans la région (Gojira et The Black Dahlia Murder suivront le reste du week-end), le soleil n’a manifestement pas su convaincre les foules de se déplacer en masse pour ce concert. Qu’importe.
Les Belges de The Last Wanted, originaire de Athus (Athus City Hard Core selon le groupe !), sont clairement à leur place d’un point de vue stylistique pour ouvrir cette date, avec leur Hardcore plutôt old school qui regarde vers New York. Surtout dans ses passages les plus convaincants à vrai dire. Car ce style n’était pas originellement celui de ce groupe formé en 2004, alors tourné davantage vers le Punk quand il enchainait les concerts (près de 300 à leur actif). Ce soir, on imagerait The Last Wanted assez à l’aise dans un club suintant la sueur de la grosse pomme mais c’est bien devant ce petit groupuscule bigarré que les Belges se produisent. A l’image de leur récente production, on remarque pas mal de bonnes idées (dans les riffs notamment), même si on aimerait un chant plus affirmé globalement. Surtout, on conseillerait presque à The Last Wanted de choisir entre Punk et Hardcore, avec une préférence pour ce dernier.
Comme le groupe hollandais le dit lui-même, Convict s’efforce de combiner des ingrédients typiquement Hardcore avec des mélodies rock’n’roll. Sur scène, les auteurs du récent Burn the Flags laissent parler riffs et mélodies vocales, et occupent bien le terrain. Rappelant en cela des groupes comme H2O, Shelter ou Ignite, Convict livre un set plaisant mais contaminé par le manque de public, plus occupé à prendre l’air à l’extérieur de la salle (c’est vrai qu’il fait très chaud à l’intérieur de la Kufa). Pour cette dernière date de tournée commune, Convict dédie une chanson à Agnostic Front (My Dedication) non sans annoncer le départ prochain de son guitariste pour... l’Australie! Espérons pour lui qu’il aura l’occasion de livrer un concert avec un peu plus d’ambiance, afin de garder un souvenir un peu plus impérissable de ses dernières dates.
Evidemment, c’est pour Agnostic Front que nous nous sommes tous déplacés ce soir, et quand Roger, Stigma and co déboulent sur scène on tient enfin le cœur du sujet du jour, celui qui évoque la légende, le talent et l’expérience. D’ailleurs, la salle fait enfin le « plein » (version petite config’) en même temps que l’ambiance prend forme.
Alors, c’est vrai. C’est vrai que Roger n’a plus le coffre d’antan, que Stigma laisse la grosse partie du boulot à Craig Silverman, et préfère lever sa guitare, se promener, ou essayer de motiver les troupes (« This is Hardcore, get involved ! »), plaçant quand-même quelques leads çà et là. Mais dans l’ensemble le groupe est clairement dans son concert et n’en veut pas à cette assistance finalement plus si maigre que cela, qui s’active d’ailleurs comme il faut dès l’intro passée.
La coloration très old school de la setlist fait plaisir à entendre et rappelle à chacun ces pu**** de riffs hardcore composés par Agnostic Front, au cas où certains endormis les auraient oubliés. Proposant une belle représentation du United Blood EP (1983), et du duo Victim in Pain / Cause for Alarm (les premiers formats longs du groupe, en 1984 et 1986), Agnostic Front donne autant envie de se bouger que de ressortir ses vinyles d’époque, pour ceux qui ont (encore) la chance de les posséder.
Evidemment, pour notre plus grand plaisir, les autres classiques sont de sortie (Gotta Go, réclamé puis repris en chœur) ainsi que la cover de Crucified (Iron Cross). On retiendra aussi la belle forme scénique des morceaux plus récents que l’on est ravi d’entendre ce soir (My Life My Way, du précédent album, ou Old New York et Police Violence du récent The American Dream Died), comme une nouvelle preuve qu’Agnostic Front reste valable de nos jours et peut encore en remontrer aux petits jeunes question idée.
S’il n’en montrait rien, Roger connait quand-même un petit coup de mou en fin de set qui l’oblige à sortir quelques instants « pour aller vomir » ... et de mieux revenir ensuite interpréter notamment une cover de Madball et conclure sur l’inévitable Blitzkrieg Bop des Ramones (« leur grosse influence ») ; non sans laisser le temps à Stigma de s’offrir un petit Pauly The Dog face au public !
Après un concert comme celui de ce soir, on aurait bien envie de remettre ça rapidement. Agnostic Front s’est produit il y a quelques jours en famille avec Madball dans le cadre d’un show de dernière minute en Allemagne : voilà qui pourrait donner des idées !
Remerciements à la Kulturfabrik !

Sick of It All


Gojira
The Last Wanted

