
Lorsque je parviens aux abords du Gueulard +, je suis surtout interpellé par cette improbable salle, édifice moderne se dressant au milieu de la petite ville de Nilvange, au large de Thionville et proche de la frontière luxembourgeoise. Depuis l’espace accueil / merch / bar au niveau « rez de chaussée », il faut ensuite descendre des escaliers pour se rendre au niveau inférieur où se situent trois studios d’enregistrement et l’espace concert. D’une capacité de 400 places, la salle est simple mais très fonctionnelle, malgré l’absence regrettable d’un bar et de WC au niveau inférieur. Surtout, le son sera véritablement au top durant toute la soirée, et c’est le plus important.
Fractal Universe s’efforce donc d’échauffer les courageux présents à l’ouverture des portes avec son Death Progressif technique et alambiqué. Le jeune groupe me rappelle immédiatement Obscura, mais avec suffisamment de savoir-faire pour réussir à s’imposer. Techniques et plutôt à l’aise, les jeunes zicos m’en mettent plein des oreilles durant trente minutes malgré quelques enchaînements un peu bizarres sur certains passages rallongés. Profitant de l’occasion pour tourner une vidéo, Fractal Universe a assuré là un bon concert à afficher fièrement sur sa carte de visite. On attend maintenant le clip pour revivre ça !
Autre groupe français présent ce soir : Deep In Hate. Un temps considéré comme Deathcore, et maintenant labellisé Brutal Death, les nouveaux poulains de chez Kaotoxin effectuent ce soir l’un de leurs deux derniers concerts avec Florian à la guitare, ce dernier ayant annoncé il y a quelques semaines son départ du groupe. Un groupe en pleine ascension, après un Chronicles of Oblivion remarqué et quelques premières parties pas vilaines (Napalm Death et Hatebreed,…). Alors que je m’attendais à un son lourd et agressif, je suis assez surpris par la relative mélodicité de l’intro avant que quelques riffs plombés ne viennent remettre les pendules à l’heure. Musicalement, le propos est assez entrainant, mais je dois avouer m’être lassé rapidement aussi bien des plans typiquement Deathcore que des vocalises proposées par Math, du reste passablement énervé par un public pas assez compact à son gout (« allez rapproche-toi, je ne vais pas le répéter entre chaque morceau ! »). Une attitude plus que moyenne, à l’image de ce que laisse dégager le groupe par ailleurs. Peu de chance que Deep In Hate ait convaincu beaucoup de curieux ce soir.
De mémoire, la dernière venue de The Black Dahlia Murder dans les environs remonte à mars 2013 avec un show sympa en ouverture de Cannibal Corpse et Devildriver à Saarbrucken, voire à août 2012 pour retrouver un concert en tête d’affiche (alors à l’Atelier, au Luxembourg, avec Darkest Hour). Depuis, on ne peut pas dire que la qualité intrinsèque du groupe ait chuté, mais sa fanbase, elle, semble s’étioler un peu. Peut-être en raison d’un certain manque d’innovation? Everblack comporte son lot de bons moments mais reste, c’est vrai, dans la lignée de ce que The Black Dahlia Murder a pu proposer par le passé.
Les Américains déboulent sur les planches du Gueulard + emplis d’énergie, saluant un public plus bruyant qu’on aurait pu le croire, surtout que nous sommes près de 200 à ce moment-là. Sur scène, le groupe a conservé sa bonne humeur légendaire, à l’instar de son frontman, Trevor, et ses gesticulations ou autres interventions à base de « muscles » et de « excellent », même si globalement il a l’air plus sérieux que par le passé (l’effet cheveux longs sans doute !).
Au fil du temps, The Black Dahlia Murder a emmagasiné suffisamment de très bons morceaux pour offrir une setlist canon, ce que le groupe ne se prive pas de faire ce soir puisque tous les albums sont représentés à hauteur de plusieurs titres, et non des moindres (Moonlight Equilibrium, Everything Went Black, Elder Misanthropy, What A Horrible Night To Have A Curse, Raped in hatred by Vines of Thorn...). Clairement, un tel enchainement de tubes à la Black Dahlia fait très très mal et les fans présents s’en donnent à cœur joie (surtout sur le répertoire plus ancien) entre headbanging, poings levés, pogos et autres slams. Doté d’un son clair, puissant, dévastateur en fait, le groupe retourne l’assistance, qui lui mange dans la main. Tous les titres, n’importe quel solo de Ryan Knight, n’importe quelle ligne de chant de Trevor, sont maitrisés de A à Z, et il n’y aurait que On Stirring Seas of Slated Blood ou Malenchantments of the Necrosphere pour éventuellement faire retomber quelque peu la pression. Même Vlad. Son of the Dragon, le nouveau single extrait d’Absymal, est déjà efficacement intégré à la setlist. Difficile de trouver quelque chose à redire tant le rendu est irréprochable, et tellement le temps aura filé aussi vite que le drumming impeccable de Alan Cassidy.
Alors, non sans remercier (en les citant) les groupes d’ouverture, The Black Dahlia Murder conclut faussement son set par l’inévitable I Will Return avant de revenir cabotiner par le biais de Brian Eschbach (semble-t-il en manque de « vitamines »), puis de délivrer Miasma, Deathmask Divine et Funeral Thirst de la boite à hits pour nous achever le sourire aux lèvres. Un très grand concert auquel n’aura manqué que davantage de public pour être parfait.
Remerciements à Damage Done et au Gueulard + !
Prochains concerts de Damage Done :
29/08/2015 : SUICIDAL ANGELS + LOUDBLAST - ''Rock 'n' Fer Fest'' @ UCKANGE
31/10/2015 : THE ARRS & Guests @ NILVANGE, Le Gueulard +
20/11/2015 : FEAR FACTORY + UNEVEN STRUCTURE @ NILVANGE, Le Gueulard +
12/12/2015 : SOILWORK + HATESPHERE + ARCANIA @ METZ (FR) @ Les Trinitaires, Metz

The Black Dahlia Murder
Asphyx
Benighted
Caliban
Evergrey



Napalm Death


