C'est devant une assemblée clairsemée que Deus Mortem entame son concert, qui attirera assez rapidement du monde. Il faut dire que si le groupe en lui-même n'a qu'un seul album, l'excellent Emanations of the Black Light, il est loin d'être composé de nouveaux venus. L'impressionnant chanteur Necrosodom, le visage à demi caché par sa capuche, est en effet le frontman d'Azarath, référence de la scène polonaise. Le batteur, Stormblast, a quant à lui la lourde tâche de faire oublier Inferno, batteur de Behemoth, qui officie sur l'album de Deus Mortem. Tâche qu'il a déjà remplie au sein... d'Azarath. Une grande famille...

Sur scène, par contre, ça ne fait pas dans le familial. Deus Mortem balance un black metal volcanique, sans concessions, mais qui a l'intelligence d'alterner des passages d'agression pure et des rythmes plus mid-tempo. Comme sur album, le tout est imparable et ne perd pas en force de frappe au fil du concert. La puissance live qu'il manque parfois à un Behemoth, notamment au niveau vocal, est bien là chez Deus Mortem!

En comparaison, Aosoth aura un peu plus de mal à convaincre votre serviteur. Si le public, à présent nombreux, semble apprécier, la prestation monolithique des Français, qui jouent il est vrai un black moins direct que les autres groupes à l'affiche, est difficilement perméable. La faute aussi au chant de MkM, tellement en retrait et lointain que le tout sonne presque sludge par moments. L'interprétation sans faille empêche l'ennui, mais Aosoth semble un peu en décalage avec l'affiche. Un troisième groupe polonais aurait peut-être été plus adapté. En attendant une tournée Mgla/Batushka, qui sait...
Assez rapidement, les maîtres de cérémonie débarquent - hé oui, un couvre-feu à 22h, ça impose d'être ponctuel - avec toujours cette scénographie propre au groupe. Les membres de Mgla se présentent en effet toujours encagoulés, encapuchonnés et vêtus de perfectos. Surprenant, mais au final particulièrement adapté au black si personnel du groupe, désincarné et misanthrope (du "Munch metal", comme dit si bien un ami).

Surprise, le concert ne débute pas sur un extrait du dernier album, mais sur le non moins excellent Mdlosci I, auquel est enchaîné le furieux Further down the nest I. Impossible de ne pas être hypnotisé par la prestation du groupe, muet entre les morceaux, caché derrière un brouillard (qui se dit... Mgla, en polonais) qui donne aux musiciens l'allure de Nazgûls tout droit tirés du Seigneur des Anneaux. La voix puissante, jamais prise en défaut, de Mikolaj "M" Zentara, impressionne particulièrement.
Comme prévu, les morceaux du dernier opus seront à chaque fois des grands moments, que ce soit Exercises in Futility I et ses guitares glaçantes, Exercises in Futility II et ses "Nether!!!" scandés ou, surtout, le final du concert sur l'extraordinaire Exercises in Futility VI. Probablement le meilleur morceau de Mgla. Alors, certes, le côté statique et distant du groupe peut surprendre, mais répétons-le, il colle parfaitement à une musique qui n'incite clairement pas à faire tourner les serviettes...
Mgla a donc confirmé hier soir qu'il était un des nouveaux grands du black metal, et la Pologne qu'elle était peut-être la "nouvelle Scandinavie" du metal extrême. Ce qui pourra encore être vérifié début mai, au Throne Fest, où jouent entre autres Mgla, Batushka et Plaga, fiers représentants de cette scène. Si c'est aussi bon que cette soirée au Mag' 4, un conseil, soyez-y...

Mgla

Aosoth

