C’est devant un parterre d’une quarantaine de personnes que les Anglais de Ghold entament leur set. Duo devenu trio depuis peu de temps, ils sont venus défendre leur dernier album, « PYR », sorti le 6 mai et proposent un condensé de sons doom, noise et indus à l’aide de riffs hypnotiques, de longs moments planants et lourds, interrompus par des explosions percussives. Le Vk prend des allures de catacombes à l’ambiance sordide, une impression accentuée par des voix caverneuses murmurant des incantations mystiques. Ayant tourné avec des groupes tels que Ufomammut et Conan, les Britanniques démontrent qu’ils ne sont pas des bleus de la scène et mettent ainsi la salle dans les meilleures conditions qui soient pour accueillir la tête d’affiche tant attendue.
Bongripper en live ? Eh bien, c’est quelque chose ! Nous parlions cuisine il y a un instant… On est en mesure de le confirmer : nos amis de Chicago sont en passe de décrocher le titre d’experts absolus dans la préparation d’un Doom instrumental épicé et corsé à souhait que l’on va déguster pendant un peu plus d’une heure et quart ! Mais arrêtons ici les métaphores culinaires et parlons musique ! En ce 31 mai grisâtre, nous avons eu droit à cinq ''longs'' morceaux puisés dans leur répertoire allant de l’album « Hippie Killer » (2007) au tout dernier « Miserable » (2014) en passant par « Satan Worshipping Doom » (2010). Le quatuor va retourner le VK à l’aide d’un son dévastateur, presque dronesque, une sorte de trou noir dont aucune lumière ne peut échapper. Les instruments rugissent, les têtes sont secouées, les yeux sont fermés… Ils attaquent d’entrée avec Hail à la lenteur et au groove subtils se transformant progressivement en un doom sautillant où les cymbales résonnent de manière frénétique. Chaque frappe sur la batterie a l’effet d’un uppercut ou d’une tape amicale trop appuyée sur l’épaule par un cousin biker… Pour Descent, c’est la basse qui mène la danse et l’on se prend à nouveau une dose de riffs transcendantaux en pleine poire avant une rythmique démoniaque pour un Worship acidulé et incantatoire. Le ton est de plus en plus grinçant, les guitares saturent, l’atmosphère devient de plus en plus lourde : Endless arrive… Ce morceau reprend les codes du drone mélangés à ceux d’un post-rock agressif. Pour terminer, Bongripper balance Reefer Sutherland, pavé sludge au riff brutal qui reste dans la tête et les cervicales avant de finir en beauté dans un tourbillon et un vrombissement apocalyptiques.
Les réactions à la fin du show sont unanimes : on vient de vivre quelque chose d’unique, d’extrême, de dangereux… Et le pire, c’est qu’on en redemande… Les Américains méritent amplement leur place dans la scène doom actuelle et l’on peut d’ores et déjà attendre impatiemment leur retour dans les parages avec un nouvel album à la clé.
Remerciements au Vk
Bongripper
Ghold
Ufomammut