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Night Fest Metal : la résurrection d'un festival

Rencontre avec les organisateurs du Night Fest Metal, qui, tel le phénix, renaît de ses cendres cette année.


Dimanche 24 septembre 2017



En juin dernier, le Night Fest Metal annonçait sa résurrection après un trop long sommeil, en même temps qu’une affiche à faire pâlir tout amateur de Metal extrême qui se respecte : en alignant Belphegor, Destroyer 666, Enthroned ou encore Wiegedood, cet ancien/nouveau festival automnal tape très fort. Et ce, d’autant plus qu’il aura lieu en Wallonie, contrée pourtant pas franchement habituée des événements du genre. Voilà donc clairement de quoi attiser notre curiosité et nous décider à aller poser question aux organisateurs de cette jolie petite sauterie satanique. Rémi (Cronos ASBL) et Bernard (Durbuy Rock Festival) ont eu la grande gentillesse d’y répondre...

Salut ! On l’avait un peu évoqué dans l’article consacré à Cronos ASBL, mais pouvez-vous présenter ce qu’était le Night Fest Metal et revenir sur l’histoire de ce festival ?
Rémi : Salut Guillaume ! Le festival est parti du délire d’ados passionnés de Metal et qui voulaient créer leur événement dans une province du Luxembourg moribonde en matière de très gros son. L’idée était de permettre aux pointures locales de se produire en première partie d’une tête d’affiche reconnue dans le style. Evidemment, qui dit Metal dit gros son, et suite aux plaintes d’une partie des voisins de la salle des fêtes de Saint Vincent, il a fallu déménager.
C’était l’occasion d’améliorer les conditions techniques et d’accueil des groupes, et de faire «grossir» le festival avec la venue de groupes comme Sinister ou Endstille au Centre Culturel de Rossignol en 2009 par exemple.
La 7ème édition en 2010 marqua l’arrêt du Night Fest Metal pour diverses raisons, la principale étant un gros manque de temps de la plupart d’entre nous.



Comment est venue l’idée de ressusciter ce festival ? Pourquoi ?
Rémi : L’idée était là depuis plusieurs années maintenant. A force de coproduire des concerts à l’Entrepôt d’Arlon, on avait de plus en plus cette envie de relancer la machine. Le principal problème étant pour nous notre situation géographique. On est plusieurs à vivre en France dans Cronos ASBL, ce qui complique pas mal les choses dès lors que tu veux monter une affiche en Belgique hors d’une salle reconnue comme peut l’être l’Entrepôt à Arlon. Pour le reste, un gros concours de circonstance a rendu la chose possible. Nous avions déjà travaillé avec Bernard du Durbuy Rock Festival, et ce dernier avait lui aussi collaboré avec Dominique (Hexagon Events) qui organise pas mal d’événements à Marbehan.
Bernard : C’est l’occasion qui a fait le larron, on avait la tournée Belphegor qui était dispo le 7 octobre et plusieurs groupes de Black Metal déjà programmés à l’Entrepôt cette date-là (ndlr : à la base, une date off de Wiegedood avait été effectivement annoncée en premier lieu). On a fusionné les 2 orga et on cherchait un nom de fest. Rémi et Dominique ont tout de suite pensé à ressusciter le Night Fest Metal !

Pouvez-vous présenter les différents organisateurs de cet événement ?
Cronos ASBL : créateur du Night Fest Metal il y a des années, on coproduit la majorité des concerts de Metal extrême à l'Entrepôt d'Arlon. Marduk, Immolation, Inquisition et bien d’autres ont joués pour nous. Asphyx, Gorgoroth, Gehenna et Au-dessus sont quelques-uns des artistes qui font partie de notre prog’ à venir dans les prochains mois.



DRF ASBL : le Durbuy Rock Festival (DRF) est depuis une vingtaine d’années un des principaux événements de rock « dur » en Wallonie. On est assez éclectiques entre Metal, Rock et Hardcore, mais le Metal prend de plus en plus le pas sur les autres genres ces dernières années. Ce sera encore probablement le cas pour notre 22e édition les 6 et 7 avril 2018... DRF organise aussi les tremplins DRF et le mini festival « Folk vs Metal » à l’Entrepôt le 3 novembre, et également La Guerre des Gaules le 4 novembre à Liège (avec Dagoba).



Hexagone Events / Festival G80 ASBL : Dominique Pairoux et son équipe, ils organisent de nombreux concerts, festivals, soirées, dans tous les styles, surtout sur Marbehan (par exemple Les Wampas le 14 octobre), et pourquoi pas aussi du Metal extrême…

Pourquoi avoir choisi ce lieu en particulier ?
Rémi : Il y a différentes raisons au choix de Marbehan. La localisation du village est idéale : proche de la E411, avec une gare (ligne Bruxelles – Luxembourg) et un camping à 200m du festival. La salle est légèrement isolée du village, on ne dérangera pas les voisins. Cette dernière cumule un côté underground tout en nous offrant les infrastructures pour accueillir une telle affiche.
Bernard : Oui, la salle peut accueillir 500 personnes sans problème, on avait fait un chouette concert de Mass Hysteria là-bas il y a presque deux ans.

Quel est le vrai challenge quand on veut organiser un tel événement en Wallonie ? Pour Cronos : en quoi ça vous change d’un de vos concerts habituels ?
Rémi : Nos concerts habituels se font principalement à l'Entrepôt, salle qui dispose d'une scène et d'un matériel fixe. A Marbehan, il faut tout amener, installer. Autre chose : on ne bénéficie pas de la renommée d'un lieu institutionnalisé auprès du public Metal. La charge de travail est donc plus fortes pour nous qui faisons simplement ça par passion, après nos heures de boulot.

Est-ce que vous vous inscrivez sur la durée en relançant cet événement, ou s’agit-il d’un coup d’un soir (ha ha !) parce que vous êtes tombés sur plusieurs groupes dispos ?
Rémi : Il est trop tôt pour répondre à cette question. On aimerait évidemment faire une édition 2018, mais cela dépendra essentiellement de l'affluence le 7 octobre prochain.
Bernard : Et des opportunités de tournées l’année prochaine à la même période… On espère, oui !

Ce week-end-là, la concurrence est assez rude avec Mayhem à Avelgem ou Bölzer à Anvers. Vous vous attendiez à ça en bookant les groupes ? Est-ce que vous ça fait peur pour la fréquentation et que pouvez-vous répondre aux personnes qui réclamaient de faire fusionner au moins deux de ces affiches ?
Rémi : Fusionner n'était honnêtement pas possible. Bölzer joue le 6 octobre à Manchester, ils sont en tour bus, et la distance pour venir en province du Luxembourg était trop longue. Nous sommes en contact avec plusieurs organisateurs, et on savait que Damage done était en négociation pour une date avec Mayhem sur Metz ou Nilvange. Hors de question donc pour nous de tenter d'avoir le groupe à Marbehan.
Maintenant concernant la concurrence...on constate que la grande majorité de notre public vient de Wallonie et de France. On est situé à près de 200km des dates que tu cites. La concurrence sur ce week-end se fait à mon sens surtout entre organisateurs flamands qui ont planifiés 4 à 5 concerts/festivals sur ce week-end, sans visiblement se concerter.



Que pensez-vous sinon de l’offre de festivals et de concerts actuelle en Belgique et en Europe ?
Rémi : L'offre n'a jamais été aussi grande en Europe. D'un côté les « gros » noms comme le Graspop ou le Hellfest n'ont jamais connus autant d'affluence. De l'autre, j'ai l'impression que beaucoup de festivals se spécialisent dans leurs affiches, et ça leur réussit pas mal visiblement. Inutile de dire qu'on préfère le second type chez Cronos. On a fait pendant des années des festivals comme Graspop, Wacken, Hellfest...à l'époque le pass tournait autour de 100€. En 10 ans, le tarif a au minimum doublé et même fait fois 2,5 pour le Wacken!
Dans le même temps, de petits festivals underground se sont eux aussi développés, sans pour autant connaître une telle inflation. Chacun est libre de faire ce qu'il veut, mais il faut bien comprendre que les « gros » nous mettent pas mal de bâtons dans les roues.
Bernard : Ceci dit, tout est relatif, on est presque toujours le gros de quelqu’un d’autre et chacun défend ses intérêts. Le Durbuy Rock se considère d’ailleurs comme le plus petit des gros festivals ;-)

Quels sont les « à côté » prévus pour cette journée de fest : metal market ? foodtrucks ? des bières spéciales peut-être ?
Rémi : On est plutôt adepte du DIY, donc pas de foodtruck, on a une équipe interne qui gère la nourriture avec différents plats. Il y aura effectivement une bière spéciale au fut, ainsi que du Jägermeister.
Il y aura un petit metal market, avec des bacs de CDs/vinyles spécialisés. Petit conseil par contre : pensez à prendre de l'argent liquide, il n'y a pas de distributeurs à Marbehan.

Quels sont les groupes à l‘affiche que vous attendez le plus ?
Rémi : C'est toujours difficile de choisir, mais si il fallait en garder trois je dirais Wiegedood qui m'avait vraiment mis une claque monumental au Throne fest en 2016, les français de Loth et Der Rote Milan. Une tête d'affiche ? Destroyer 666 forcément.
Bernard : le « show » de Belphegor est évidemment très attendu, ça reste quand même un concert exceptionnel en Wallonie et la plus grosse tête d’affiche du Night Fest Metal. Même si je ne suis pas aussi « métalleux » que Rémi et les gens de Cronos, j’attends de voir Wiegedood qui est un groupe « montant » actuellement. Et, si je les ai déjà vus de nombreuses fois, je ne me lasse pas d’Exuviated qui sont pour moi les meilleurs death métalleux belges avec Innerfire...



L’affiche est d’ailleurs orientée Metal extrême : choix délibéré ? Si une autre éditions venait à voir le jour vous garderiez ce cap ?
Rémi : A la base le Night Fest Metal était extrême. Endstille a certainement donné son premier concert en Wallonie chez nous, des groupes comme Deranged, Avulsed, Kronos, Houwitser ou Sinister ont contribué à faire grossir le festival. On écoute aussi beaucoup d'extrême. Alors oui, on a aussi fait jouer Black Bomb A et Dagoba à l'époque, mais le reste de l'affiche était clairement axé Black, Death et Grind. Donc OUI, on gardera ce cap, simplement car c'est la musique qui nous fait vibrer depuis des années, et que ça n'est pas prêt de changer.

En parlant de l’affiche : je trouve son design très réussi : qui s’en est occupé ? Même avec les réseaux sociaux c’est encore important d’associer un (beau) design à un festival ?

Bernard : Merci pour le compliment. C’est Thomas Hubert, le chanteur d’Innerfire qui a réalisé l’artwork. Il est spécialisé dans ce genre un peu « gore », c’est un graphiste de talent, incontestablement !



Comment se passe la promo justement avec les réseaux sociaux ? Vous avez tendance à laisser tomber les flyers et les traditionnels posters collés çà et là pour tout miser sur Facebook et consorts ? Ou au contraire il faut garder les moyens traditionnels de promouvoir son événement et être présent partout ?
Rémi : Facebook est un excellent moyen de communication, mais ça ne suffit pas. Rien ne vaut le fait de se déplacer pour faire la promo directement sur d'autres concerts/festivals. C'est clairement là que sont les passionnés qui se bougent pour soutenir la scène et vivre leur passion.

Bon, en définitive, à quoi peuvent s’attendre les lecteurs de Shoot Me le 7 octobre ?
Rémi : Un festival professionnel et simple à la fois, sans prise de tête, fait par des metalleux pour les metalleux. A côté de gros groupes comme Belphegor (qui viendra avec un tout nouveau show pour la sortie du nouvel album Totenritual ), Destroyer 666 ou Enthroned attendez-vous à faire de très chouettes découvertes avec les groupes qui ouvrent la journée.
Bernard : Je crois que nos 3 associations se complètent bien, l’union fait la force ;-) Si Dom et moi, on est moins « métalleux », on a l’expérience des festivals et on essaye d’organiser de façon professionnelle. Dom est très fort pour l’affichage notamment. Si le public nous soutient, on reviendra avec d’autres belles têtes d’affiche à Marbehan et on essayera de développer cette salle qui convient bien pour les concerts de 300 à 500 personnes.

Remerciements à Rémi et Bernard pour leur disponibilité, et rendez-vous le 7 octobre à Marbehan !
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