Reportage

Hellfest 2019-Jour 2 : Est-ce que vous voulez du rock fort ?

Clisson (Hellfest Open Air), le 22-06-2019

Mercredi 28 août 2019



La programmation de cette deuxième journée de festival allait procurer une solide cure de jouvence aux fanatiques de hard rock ainsi qu’à leurs groupes fétiches du côté des Main Stages. En effet, les papys rockers ont débarqué en masse afin d’envoyer une dernière salve de riffs populaires pour les uns (KISS
KISS


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) - même si on sait que de nos jours l’annonce d’une ‘ultime tournée’ s’avère être plus un énième coup marketing qu’autre chose - ou de fêter un anniversaire record pour les autres (ZZ Top
ZZ Top


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célèbre près de cinquante ans de carrière avec un line-up inchangé). Sans compter, une arrière-garde glam finement représentée par Def Leppard
Def Leppard


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et Whitesnake
Whitesnake


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, collectionneurs de ‘hits number 1’ grâce à leurs power ballads et hymnes accrocheurs à l’époque de la coupe ‘mulet’ ! Bref, tout ceci laissait entrevoir de solides shows nostalgiques où le public aurait un important rôle de choriste à jouer pour scander ces refrains mythiques et bien ancrés dans la culture rock.


Les matinaux que nous sommes n’auront certainement pas regretté de s’être levés de bonne heure sous cet agréable soleil afin de rallier la Valley le plus rapidement possible et ainsi assister à la prestation de Coilguns
Coilguns


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, explosif groupe de noisecore helvète. Mélangeant habilement mais surtout brutalement sludge et mathcore, le combo, fondé par trois ex-membres de The Ocean
The Ocean


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, va servir de réveille-matin infernal sans pour autant manquer d’attention envers son public. En effet, sur une intro saccadée et tortueuse, le frontman Louis Jucker et ses comparses surprennent l’assemblée en balançant croissants et viennoiseries à la foule, une délicate attention fort appréciée avant les déflagrations chaotiques et les contorsions épileptiques qui seront observées par la suite. Que ce soit sur Millennials pour lequel il insuffle une énergie punk ou sur le long final Earthians à la tension permanente, le groupe instaure une atmosphère pesante et malsaine à l’image de son batteur cognant rageusement ses fûts martyrisés mais surtout de son chanteur, tout bonnement surexcité d’un bout à l’autre du show, clamant son chant éraillé et survolté sous d’acrobatiques roulades et sauts scéniques démesurés. Après un slam jusqu’au beau milieu de la fosse, un jet de CD et de gros câlins offerts à son public, Jucker laissera le bon mot de la fin à son claviériste : « Continuez de polluer la planète, mais de manière responsable ! ». Voilà un samedi qui démarre sur les chapeaux de roue !



Une demi-heure, montre en main : c’est également le temps imparti aux peinturlurés de Shaârghot
Shaârghot


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qui investissent ensuite la Temple afin d’y balancer leur electro punk indus’ tout en théâtralité. Avec les dingos fluorescents de Punish Yourself
Punish Yourself


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, qui fouleront ces mêmes lieux plus tard dans la journée, on peut dire que leurs compatriotes jouent dans la même cour afin de nous offrir un spectacle visuellement fort. Et même s’ils semblent avoir trop forcé sur le cirage, les Français proposent une toute autre imagerie qui va de l’élaboration de costumes et pieds de micro résolument steampunk à la mise en scène particulièrement soignée. Ainsi défilent devant nos yeux, hommes à chapeau haut de forme qui envoient de faux billets de banque au public, créatures mystérieuses perchées sur des échasses ou personnages ayant survécu dans un univers post-apocalyptique. Du cyber-punk qu’ils appellent donc cela ! Totalement barges, les musiciens n’en sont pas moins tout aussi charismatiques les uns que les autres. La puissance du groupe sur scène et son incroyable générosité forcent le respect. Ce n’est d’ailleurs pas loin de quatre wall of deaths qui seront observés pendant ce court mais intensif instant. Tour à tour malsaine mais fichtrement puissante, la musique de Shaârghot
Shaârghot


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mélange autant d’influences metal indus allant de Ministry
Ministry


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à Rob Zombie
Rob Zombie


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en passant forcément (comment ne pas les nommer ?) par Rammstein
Rammstein


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. Mention spéciale à Break Your Body mais également Traders Must Die pour lequel la foule s’égosille à outrance. Cette dérangeante délégation montre également un visage beaucoup plus poisseux sur certains morceaux corrosifs à souhait. Malgré un univers qui s’appréhenderait plus facilement dans d’obscures salles de concert, les Parisiens ont idéalement rassasié leurs fans et se sont certainement mis pas mal de néophytes dans la poche en cette fin de matinée. Laurent abonde d’ailleurs dans mon sens : « Encore une fois, le groupe s'est déchaîné face à un public présent en masse et c'est rare à 11h du matin de voir la Temple archi complète. Ils confirment leur place sur la scène metal indus française. »



Il est temps de profiter quelques instants d’un soleil proche d’être au zénith avec dans les oreilles le son que Skindred
Skindred


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est en train de cracher à travers les amplis de la Main Stage 02. Les Gallois débarquent sur le générique de Stars Wars originalement remixé à une sauce portoricaine et il ne faut pas plus de trois secondes pour que le leader Benji Webbe n’interagisse avec l’assemblée. Une fois en place, le groupe attaque avec Sound The Siren qui voit d’emblée Benji étendre sa gamme vocale jusqu’à la limite de ses possibilités, ce qui lui confère une voix incroyablement haute qui frise les aigües. Mais c’est sans aucun doute leur groove inimitable et ultra efficace (comme sur Rat Race) qui parvient à mettre la foule en ébullition quitte à la faire jumper telle une marée de sauterelles. Pour la suite, on verra le groupe se muter en Korn
Korn


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l’espace d’un morceau (That’s My Jam), rendre hommage au regretté Keith Flint sur le puissant Kill The Power en y ajoutant quelques doses du Out of Space de The Prodigy
The Prodigy


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ou encore asséner de nombreux « fuck you » à qui de droit tout au long de leur court mais intense concert. Le mix parfait entre reggae, metal énervé et chant corrosif supersonique est démontré sur l’incroyable Nobody avant un adieu sur de grosses grattes bien épaisses entremêlées aux sons électro de Warning. La chaleur déjà bien ressentie sur la plaine n’avait certainement pas besoin d’une telle augmentation de températures. Contrat rempli haut la main pour la bande anglo-saxonne mais il est temps de retrouver l’ombre et plus précisément nous mettre à l’abri du soleil au cœur de la forêt finlandaise… Et c’est sous la Temple que cela se passe…



C’est effectivement Wolfheart
Wolfheart


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, le projet du prolifique multi-instrumentiste Tuomas Saukkonen, d’entrer dans l’arène afin d’y déverser son délicieux mélange de death, black et doom atmosphérique. Après avoir refermé les chapitres Before the Dawn
Before the Dawn


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, Black Sun Aeon, Dawn of Solace ou encore RoutaSielu entre autres, c’est en 2013 que l’imposant Finlandais décide de consacrer toute son énergie et sa créativité dans ce projet qui possède désormais 4 albums au compteur (le dernier-né, « Constellation of the Black Light », est paru l’an passé). Le set débute par Everlasting Fall, un rafraîchissant pavé d’une dizaine de minutes dont la rythmique glaciale mais d’une beauté rare voit se greffer la voix profonde pour ne pas dire puissante de Tuomas. Face à ces mélodies scandinaves rehaussées par de somptueux claviers et ces riffs tranchants, le public flotte en suspension dans un rêve arctique… Mais gare à l’avalanche de blast beats sur ces chemins sinueux que nous empruntons malgré tout sans crainte, hypnotisés par la maîtrise et la majestuosité dont fait preuve le combo. On ne quitte pas le froid polaire pour la suite avec Aeon of Cold, brutal et frénétique brûlot au son millimétré. Malgré un jeu de scène minimal (cela fait indéniablement partie du concept), le combo sait varier les plaisirs en proposant un morceau avec des accords beaucoup plus lents se rapprochant légèrement du doom comme ce Strenght And Valour à la batterie entraînante. Avec le départ de Mika Lammassaari, c’est Vagelis Karzis (aperçu notamment au sein de Rotting Christ
Rotting Christ


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) qui se charge d’illuminer de sa classe le solo de guitare sur l’efficace The Hunt. Avec ses chœurs païens et sa cadence effrénée, le final Breakwater donne le coup de grâce, bien aidé par une batterie martiale. Catchy et accrocheur : tout ce qu’il faut pour ponctuer un concert d’excellente facture. Le choc thermique sera rude pour celles et ceux qui voudront rallier la chaleur du dehors…



Pour notre part, nous décidons de rester à l’abri de ce soleil accablant en assistant au concert des Français de Trepalium
Trepalium
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sur la scène Altar. Pour les gaillards prêts à faire swinguer l’assemblée avec des titres tels que Fire On Skin, Guédé Juice ou encore Possessed by The Nightlife, la mission sera simple : foutre un maximum de boxon en proposant un mélange à la fois brutal et dansant sans oublier ce groove décapant qui leur sied à merveille. À l’origine, portés par une vague death, le son et le propos de Trepalium
Trepalium
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ont désormais évolué vers une fusion avec le jazz des années 30, rendant ainsi un doux parfum de New Orleans à leurs morceaux corrosifs. Le combo possède un nouveau chanteur en la personne de Renato Di Folco (actif au sein des Tambours du Bronx) à l’humour aussi charismatique qu’agréable quand il s’agit d’évoquer son prédécesseur derrière le micro : « Vous avez remarqué que j’étais plus grand et que je n’ai plus de dreads par rapport à notre dernier passage ici ? » en référence à la morphologie de Cédric ‘KK’ Punda, vociférateur actif pendant près de 15 ans au sein du combo. Il ne lui faut que très peu de temps avant de recueillir l’adhésion du public tant sa capacité à s’adapter aux morceaux est tout bonnement prodigieuse. Son timbre chaud à la fois incantatoire et diabolique par moments rappelle la voix suave d’un Tom Waits chamanique imbibé d’un alcool quelque peu frelaté. Le groupe profite de sa présence au Hellfest pour présenter les ébauches de deux nouveaux morceaux à paraître sur un prochain album : …To The Sun et Everything's Supposed to Be OK aux riffs implacables et à la tonalité enfumée. « On approche de la fin du set, voulez-vous lancer la première fête de la journée ? Séparez-moi cette fosse en deux jusqu’à la régie ! ». Le public s’exécute afin de créer un wall of death sur Moonshine Limbo, démonstration de swing endiablé avant de former une immense chenille pour le dernier et groovy morceau Vesania. Top performance de bout en bout de la part des natifs de Boismé.



Retour à la Temple pour une bonne dose de doom psychédélique et de dark rock gothique avec la venue des Néerlandais de Dool
Dool


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. Suite à la dissolution de The Devil’s Blood
The Devil’s Blood


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, Micha Haring et Job van de Zande, chargés de la section rythmique, décident de fonder un nouveau band afin d’y perpétuer leurs joyeusetés mystiques et leur goût prononcé pour la lourdeur incantatoire. Pour ce faire, ils acquièrent les services de la ténébreuse mais non moins charismatique Ryanne Van Dorst au chant et à la guitare. Cette collaboration voit ainsi naître un premier et unique album « Here Now, There Then » sorti en 2017. D’entrée de jeu, le quintette subjugue l’assemblée avec le morceau The Alpha, ses guitares hypnotiques fascinantes et cette voix claire alternant mélopées et chant habité. On ressent d’emblée cette errance onirique et intérieure que l’on écoute religieusement à la vue de ces croix inversées qui bordent la scène. Viscéral, puissant, planant, saisissant sont d’autant de superlatifs pour qualifier ce qui se dégage de ces plans aériens cisaillés en plein cœur par des attaques brutales. Pour She Goat, le groupe montre toute l’étendue de sa palette rock’n’roll en y incorporant un garage/grunge suintant mais captivant bien aidé par ce chant écorché, presque malsain, rongé par des plaintes à la dimension volatile. Et que dire d’In Her Darkest Hour, mid-tempo aussi lascif que labyrinthique dont l’ambiance générale rappelle un film d’horreur se déroulant à l’époque victorienne. La voix de Ryanne s'enroule à merveille autour de la guitare jusqu’à prendre une teinte sombre et androgyne captivant son auditoire. Vantablack, morceau de dix minutes, accentue encore plus cet effet de magma langoureux où se dégage une certaine mélancolie torturée et mystérieuse. Vient alors une reprise adaptée à leur lourdeur quasi doom du Love Like Blood de Killing Joke
Killing Joke


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. Lente, lourde et entrelacée de riffs mélodiques pesants, c’est une totale réussite que l’on ne peut qu’applaudir. À l’écoute du dernier morceau joué (Oweynagat), difficile de ne pas évoquer l'influence de The Sisters of Mercy
The Sisters of Mercy


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, qui clôtureront d’ailleurs la programmation de cette même Temple tard dans la soirée. Sur des rythmiques dansantes enrichies par cette noirceur subtile et ces arpèges énigmatiques, Dool
Dool


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clôture ainsi ce voyage dans leur univers où aucune lumière ni même la moindre lueur d’espoir ne peut traverser. Glaçant mais tellement beau au fond...



Plus difficile d’accès, le death ultra technique des Américains d’Allegaeon
Allegaeon


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recueille tout de même nos faveurs sur la scène voisine. Quand on sait ce qu’avait donné le show désastreux donné par Pestilence
Pestilence


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la veille sur cette même scène, une interrogation demeure tout de même avant l’entame du show : le rendu sonore va-t-il être à la hauteur de la technicité et de la virtuosité des musiciens ? La réponse s’avèrera être : en partie. En effet, si les riffs incendiaires et les soli d’anthologie ne tardent pas à déferler avec une finesse prodigieuse, la pléthore de notes éjectées par ce diable de Greg Burgess n’arrive pas complètement à se distinguer de celles de ses comparses. De plus, le son sur Dyson Sphere demeure beaucoup trop rugueux que pour être apprécié à sa juste valeur. On assiste malgré tout à un concert de haut vol dont les mélodies et la présence scénique rattrapent sans peine les problèmes techniques. Riley McShane fait des merveilles passant d’une voix claire et limpide à un growl acéré avec une facilité déconcertante. Le combo trouve assez vite son rythme de croisière, et tel un rouleau compresseur, embarque la foule dans son délire notamment sur Extremophiles (B) où quelques pogos se font observer avant de nous faire perdre notre latin sur le merveilleux 1.618. Allegaeon
Allegaeon


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demeure un orfèvre de death technique aux compositions attrayantes malgré un son ne lui ayant pas toujours rendu justice en ce bouillant après-midi.



La chaleur en est à son paroxysme sur le coup de 15h00 ! Les corps allongés et les pauvres âmes dégoulinantes cherchant l’ombre aux abords des scènes couvertes en attestent. C’est le grand slalom pour pouvoir se déplacer d’une scène à l’autre. Fort heureusement, nous n’avons pas à vivre une telle expérience, préférant demeurer au cœur de la Temple pour suivre la performance ou plutôt le grandiloquent spectacle que va nous servir Punish Yourself
Punish Yourself


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. Visiblement, le public répond toujours aussi présent pour un concert estampillé ‘electro’ au vu de l’affluence importante qui s’empare de la fosse. La joyeuse bande fluo entre en scène et la Temple se transforme en gigantesque dancefloor où les scies circulaires ne tardent pas à balancer leurs étincelles sous de glacials tempos industriels. Amis du bon goût et de la poésie, au revoir ! En prenant des poses assez suggestives, les membres du combo font le show comme il se doit à l’image de la chanteuse n’hésitant pas à soulever sa robe transparente pendant de longs instants. Wall of death coloré, jongleurs enflammés, engins pyrotechniques à profusion : rien ne semble arrêter les Toulousains qui vont même jusqu’à apparaître au nombre de neuf en scène. Mention spéciale au morceau Enter Me Now, datant de 2001, mais traficoté pour l’occasion. Une atmosphère apocalyptique et morbide pour le plus grand plaisir des fans du genre.



Après un poulet de Challans englouti d’une traite, nous retrouvons la Main Stage afin d’assister à la performance du ‘supergroupe’ de la journée : Deadland Ritual
Deadland Ritual


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. Du beau monde en perspective puisque rien que la section rythmique en impose : Geezer Butler (Black Sabbath
Black Sabbath


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) à la basse et Matt Sorum (Guns N’Roses
Guns N’Roses


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et Velver Revolver) à la batterie composent l’arrière-garde. Et si vous ajoutez à cela Steve Stevens (Billy Idol
Billy Idol


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) à la guitare ainsi que Franky Perez (Apocalyptica
Apocalyptica


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et Scars On Broadway
Scars On Broadway
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) au chant, vous obtenez cet authentique groupe de heavy rock dont on attend avec certitude pas mal de reprises des groupes respectifs dont ses membres font partie. La plaine clairsemée ne sera pas déçue quand retentira l’excellent Symptom of the Universe du Sabbath Noir en guise d’intro. Le son, d’une précision remarquable d’entrée de jeu, est à souligner et il n’y a pas besoin de rodage nécessaire. Franky Perez pose ainsi sa voix sur cet hymne sans pour autant chercher à imiter Ozzy. Pour les cinquante minutes qui lui sont imparties, le groupe décide d’alterner covers et compositions originales. Ainsi, les titres Broken and Bruised ou encore Down in Flames apparaissent aux oreilles du public en ayant une saveur toute particulière que l’on pourrait qualifier de heavy rock bluesy portant les tons sinistres et diaboliques estampillés Butler mais sonnant résolument contemporains de par l’exaltante performance vocale de Perez et les frappes métronomiques de Sorum. Voilà qui confère forcément un aspect ‘hard rock’ à l’affaire. Une noire épopée blues rock d’excellente facture. Tour à tour, Franky Perez s’attaque à des monstres vocaux : Scott Weiland (Slither), Dio (Neon Knights) ou encore Billy Idol (Rebel Yell) sans jamais laisser entrevoir un signe d’essoufflement. Il faut dire qu’il a de quoi motiver la confiance des vieux baroudeurs qui l’entourent. Le final est une nouvelle fois consacré aux Pères du Metal avec un War Pigs scandé à l’unisson. Il sera intéressant de suivre l’évolution et les futures compositions du nouveau combo en espérant que ce ne soit pas qu’un simple coup d’épée dans l’eau…



Whitesnake
Whitesnake


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, invité plus tard à rencontrer le public du Hellfest sur cette même Main Stage 01, bénéficiera également d’un son cristallin ! Y a pas à dire, c’est Noël aujourd’hui. David Coverdale continue donc de faire le tour du monde accompagné de son ‘Serpent Blanc’ mais également avec un nouveau disque sous le bras, « Flesh & Blood », huit ans après le précédent. En déboulant après une intro signée The Who
The Who
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(My Generation), les Britanniques envoient deux classiques qui parlent certainement plus à leur génération qu’à la mienne mais c’est de bonne guerre. Toutes les générations sont d'ailleurs présentes pour célébrer comme il se doit cette fête du hard rock à l’anglaise. Bad Boys et Slide It In voient déjà Reb Beach et son acolyte Joel Hoekstra nous régaler les esgourdes avec un duel de guitares endiablé. Une excellente entrée en matière avant de déjà ralentir le tempo avec Love Ain’t No Stranger pour lequel Coverdale fait participer le public. Notre playboy sexagénaire à crinière d’or dispensera d’ailleurs le droit au public de scander les passages les plus aigus ou plus ardus à chanter. C’est qu’à bientôt 68 balais le bougre n’a plus le coffre d’antan mais qu’à cela ne tienne, le line-up l’entourant le soutient dans son tour de chant et le tout passe crème. Il a beau peiner par moment, l’ami David fait pourtant preuve d’une justesse remarquable. Tommy Aldridge en met plein la vue derrière ses fûts notamment sur le frissonnant Hey You (You Make Me Rock) pour lequel la fosse plane littéralement. On aurait tout de même pu se passer de solos distendus (guitare et batterie) et tout bonnement dispensables sur un set d’une heure, coupant le rythme de ce dernier pourtant bien soutenu jusqu’alors. Le pari de proposer de nouvelles compositions (Shut Up & Kiss Me) parmi la palette de tubes interstellaires s’avère absolument réussi. Le groupe nous en met plein la vue et enchaînent les ballades et envolées groovy. Coverdale, dont le charme n’a pas disparu d’un iota, lance de larges sourires à son public avant de s’époumoner, chemise ouverte, sur Is This Love et Give Me All Your Love. De l’amour, de l’amour, toujours de l’amour… Même dans ses interventions, il tente de grimper dans les aigües : « Make a fucking noise Hellfest ! » avant de terminer son show avec Here I Go Again et de s’en aller sur Still of the Night. Malgré les affres du temps, la magie et la nostalgie demeurent bien présentes. Le serpent a mordu et nous a contaminés à jamais…



La foule commence à devenir de plus en plus compacte en ce début de soirée. Le soleil n’est cependant pas encore prêt à aller se coucher… Cela tombe bien, nous non plus ! En attendant les deux têtes d’affiche de la soirée, c’est à Def Leppard
Def Leppard


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que revient l’honneur de jouer les premières parties de luxe dans le cadre de leur tournée « Hits Europe 2019 ». Bien chauffée par le mythique Personal Jesus de Depeche Mode
Depeche Mode


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, la foule s’apprête à accueillir Joe Elliott, Vivian Campbell, Rick Savage, Rick Allen et Phil Collen, qui affiche toujours aussi fièrement ses pectoraux. Les images sur les écrans sont somptueuses et le top départ nous est donné par Rocket et ses chœurs grandioses. Il n’en faut pas plus pour remarquer la bonne forme vocale de Joe, physiquement prêt à se déhancher comme un beau diable. Enchaînant illico avec le tubesque Animal et un touchant Let It Go, nulle doute que le groupe veuille marquer d’emblée les esprits. Chaque solo, chaque frappe, chaque accord est magnifiquement restitué. C’est du grand art. D’une efficacité redoutable, les Anglais sont également aux petits oignons concernant les chœurs retranscrits tels que sur CD dans des conditions live parfaites. Après avoir débuté en force et à un rythme soutenu, l’arrivée des ballades légèrement sirupeuses (telles que When Love And Hate Collide ou la dégoulinante Two Steps Behind) vient forcément briser cet élan mais les pièces maîtresses que sont Let’s Get Rocked ou Armageddon It font à nouveau parler la poudre. Derrière la batterie, Rick Allen, dont un bras lui fut amputé en 1984 suite à un accident de la route, force l’admiration et le respect. Il nous gratifie même d’un solo dantesque en cours de show. Mais la grosse déception viendra de l’interprétation de Love Bites, single phare de leur gros succès commercial, « Hysteria » sorti en 1987. Beaucoup trop hésitant et manquant cruellement de justesse, le titre verra le soufflé retomber aussitôt. Dommage ! Et ce n’est pas Bringin’ on the Heartbreak qui relèvera le niveau. Fort heureusement, l’ensemble se reprend de fort belle manière pour la suite avec tout d’abord l’instrumental Switch 625 pour lequel Phil Collen et Vivian Campbell s’en donnent à cœur joie. Avec Hysteria et ses images de tournée d’époque diffusées en arrière-plan, la nostalgie opère malgré un manque flagrant de lights qui aurait permis un meilleur rendu live. La fin du concert approche… Le morceau Pour Some Sugar on Me marque des points mais c’est surtout l’interprétation de Rock of Ages et Photograph, deux extraits de « Pyromania » (1983), qui marque les esprits, même s’il faut reconnaître que Joe Elliot ne parvient malheureusement plus à les interpréter avec la même vigueur qu’autrefois. Le band nous quitte par ses derniers mots sortis de la bouche de Joe : « We Won’t Forget You !». Le léopard sourd, malgré quelques signes d’essoufflement (on peut causer, il n’entendra pas de toute façon…) n’a pas fini de rugir !



TOP ! Qui suis-je ? Groupe de blues rock texan, originaire de Houston, j’atteins les sommets de ma célébrité durant les années 70 et 80. Trio ayant vendu près de 70 millions d’albums dans le monde, je dois notamment ma célébrité aux longues barbes que portent deux de mes membres. Rare groupe à n’avoir jamais changé de formation depuis la sortie de mon tout premier album en 1971, je suis, je suis ? - ZZ TOP
ZZ TOP


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!!! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah oui oui oui alors là je dis oui !


Avec une petite heure de temps de jeu, on se doute que nos barbus vont aller à l’essentiel ! « Time to Rock » affichent les écrans avant l’entrée en scène de Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard qui viennent donc fêter 50 ans d’une riche et belle carrière au service de ce blues rock qu’ils aiment tant. Les années ont passé mais ne semblent n’avoir en rien altéré la passion et le groove si reconnaissable de leurs compositions. En entamant les hostilités par l’incontournable Got Me Under Pressure, les Tres Hombres démontrent l’efficacité d’une recette qui marche toujours autant : un son unique, une chorégraphie amusante et une agilité à revendre. La voix chaude et rocailleuse de Billy se marie toujours aussi bien avec ce qui sort des mains de Dusty. L’enchaînement entre Jesus Just Lef Chicago et le mythique Gimme All Your Lovin’ est décoiffant. Les tubes n’en finissent pas de pleuvoir mais la prestation souffre cependant d’un léger manque d’envie de la part de nos trois vétérans qui semblent jouer en roue libre ce soir. Rien à redire sur la set-list faisant la part belle aux blues imparables (I’m Bad, I’m Nationwide), aux tubes des eigthies (Sharp Dressed Man) ou nineties (My Head’s in Mississippi) mais il manque toujours ce petit ‘je ne sais quoi’ pour que la performance explose. Frank Beard reste penché sur son kit pendant que les deux guitaristes se font plaisir à entonner Beer Drinkers & Hell Raisers. Le temps passe pourtant bien vite, trop vite même ! Dusty empoigne sa basse poilue tandis qu’un roadie apporte un cigare à Billy avant d’entamer Legs. Le carton plein sera pour le final La Grange / Tush, deux classiques intemporels pour lesquels le public pète naturellement un câble et s’embrase dans la nuit tombante. Indémodables et éternels, nos papys rockers, lancés à vive allure, ne nous ont pas encore fait le coup de la panne…



Serait-ce vraiment la fin ? Gene Simmons & Co vont-ils vraiment faire une croix sur cette forme de revenus que représente une lucrative tournée mondiale à l’avenir ? Difficile de le croire… Depuis ses prémices, le Grand Circus Kiss
Kiss


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a toujours été une affaire rentable de par son incroyable gamme de produits dérivés mais également ses innombrables ventes de disques dans les années 70-80. Malgré un succès jamais démenti, le poids des ans semble avoir désormais raison des quatre ‘rockers les plus chauds du monde’ et ce ‘One Last Kiss : End Of The Road World Tour’ serait à prendre au sérieux. Un dernier bisou avant d’aller se coucher donc… Le rideau géant estampillé du célèbre et historique logo est dressé et les hauts parleurs du festival éructent la célèbre : « Allright Hellfest, You Wanted the Best, You Got the Best ! The Hottest Band in the World : KISS ! ». Dès les premières notes de Detroit Rock City, les plateformes élévatrices déposent les trois cordistes maquillés dans leurs plus kitsch habits spatiaux. Les papys, s’ils jouent de leurs mimiques et font incontestablement le show, n’arrivent néanmoins pas à dissimuler leur fatigue. Certes, les morceaux sont correctement exécutés, mais la fougue n’est pas vraiment au rendez-vous, au contraire du spectacle qui, dès le premier morceau, ne ménage ni jets de flammes ni explosions d’artifices. Après un Shout It Out Loud musclé et un Deuce poussif, Paul Stanley prend pour la première fois longuement la parole (ce sera d’ailleurs extrêmement récurrent et assez énervant même si l’on a bien compris qu’il s’agit d’une manœuvre subtile pour faire souffler ses comparses de jeu) afin de faire hurler la foule massée à droite ou à gauche de la Main Stage. En bon entertainer qu’il est, le public lui obéit sans discussion. Vient alors un premier doute qui s’installe concernant le chant sur Say Yeah où je suppute un usage bien que légal de playback éhonté. N’ayant pas les moyens de vérifier, je lui laisse le bénéfice du doute. Les classiques s’enchaînent à la pelle (I Love It Loud, Heaven’s On Fire, …) et on assiste forcément à un véritable show ‘à l’américaine’ et un goût prononcé pour les canons à confettis, diffuseurs de fumées et artifices pyrotechniques. Les écrans géants mettent également le paquet en diffusant clips et animations à l’effigie du quatuor.



Gene Simmons délaisse son instrument le temps d’un crachat de flamme sur War Machine avant que Lick It Up ne soit repris en chœur par une foule conquise. Eric Singer se charge d’en mettre plein la vue sur 100,000 Years grâce à un impressionnant solo de batterie s’élevant dans les airs tandis que Tommy Thayer tire des roquettes sur les spots de scène à l’aide de sa guitare sur Cold Gin. Et notre ami Gene, ne venez pas nous dire qu’il ne sait faire que cracher du feu ? Son solo démoniaque pendant God of Thunder se termine en mollardant du faux sang et en laissant apparaître son imposante langue de 17 cm (d’après la légende). Après ces incartades spectaculaires, la frénésie reprend avec Psycho Circus mais surtout Let Me Go, Rock 'N’Roll pour lequel le combo nous gratifie de petits solos individuels. Paul ordonne alors que l’on hurle son nom (mégalo va !) pour l’exhorter à chanter le morceau suivant au milieu la foule. C’est ainsi qu’une nacelle embarque notre Homme Etoile afin d’interpréter Love Gun sur une plateforme située au milieu de la foule. Il y restera d’ailleurs encore un moment pour I Was Made for Loving You. Eric Singer nous fait la démonstration qu’il est non seulement un excellent chanteur sur Black Diamond mais également un pianiste averti pour un Beth très émouvant interprété après le rappel. Le temps de conclure approche tout doucement et les Américains ponctuent leur programme avec un excellent Crazy Crazy Nights mais surtout un Rock and Roll All Nite gonflé à bloc par un public chantant à tue-tête sous une pluie de confettis sans fin. Emporté dans son élan, Stanley fracassera même sa guitare sur le sol. Malgré les trop longs discours soporifiques de Paul et ses tentatives de playback difficilement dissimulables, il est impossible de nier le sens du spectacle dont un groupe tel que celui-ci a pu faire preuve durant toutes ces années de gloire : les ballons customisés avec leur mythique logo lâchés dans le public ainsi que le feu d’artifice final ont encore un peu plus accentué cette affirmation… Kiss
Kiss


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fait partie de la légende du rock. Adulé par les uns, conchié par les autres, il n’en demeure pas moins unique en son genre. Mais quand l’énergie commence à décliner, il est temps d’éteindre les amplis et de remballer les perruques, sous peine de passer pour plus ridicule qu’on ne l’est déjà… On me signale dans l’oreillette que c’est probablement déjà trop tard…



La nuit s’achève au Metal Corner dans les deux tentes du site proposant deux ambiances musicales différentes. La Party Tent et ses tubes rock/pop/dance des années 80/90/00 voit la horde de fêtards scander Bohemian Rhapsody à gorges déployées tandis que la Fury Tent est envahie par les metalleux désireux de mosher, handbanguer ou s’adonner au circle pit une dernière fois avant d’aller se coucher. Une afterparty comme on les aime en attendant la dernière ligne droite qui s'annonce dantesque...

Remerciements à l'organisation du Hellfest

Pour découvrir le dossier photo de la journée, c'est ICI

LIVE REPORT DU KNOTFEST

LIVE REPORT DE LA PREMIÈRE JOURNÉE DU HELLFEST
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AUTEUR : Panda
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, pas...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...

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