Reportage

Fear Factory, Demanufacture anniversary Tour : entre célébration et hommage

Nilvange (Le Gueulard), le 20-11-2015

Samedi 21 novembre 2015



L’information avait quelque peu fuité suite à la divulgation d’une affiche de l’Epicfest de Eindhoven, et fut finalement confirmée cet été : oui, cette tournée européenne de Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
viendrait célébrer les 20 ans de Demanufacture ! Outre le fait de céder à la mode de jouer un album en entier, voilà quand-même une sacré bonne nouvelle pour tout amateur de Metal des années 90, tant cet album cultissime a pu influencer la scène de l’époque et reste un classique indémodable. Inutile de dire que le Gueulard + de Nilvange affichait sold out, et que la soirée promettait d’être particulièrement intense, au sein d’une semaine musicalement riche pour la grande région de Luxembourg avec les visites successives de Five Finger Death Punch
Five Finger Death Punch


Clique pour voir la fiche du groupe
, Ghost
Ghost


Clique pour voir la fiche du groupe
, Slayer
Slayer


Clique pour voir la fiche du groupe
, Carcass
Carcass


Clique pour voir la fiche du groupe
et donc Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
.



Le jour J arrivé, cette intensité trouve finalement une origine toute autre. Il y a pile une semaine, Paris subissait un atroce attentat, dont le point culminant du Bataclan reste dans tous les esprits et occupe toutes les conversations. Mais, contrairement à d’autres (et on les comprend), Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
a maintenu ses dates françaises, pour le plus grand bonheur des 400 personnes présentes ce soir.



En investissant la scène au grand complet juste avant le set des Américains, Damage Done aura d’ailleurs à cœur de s’exprimer sur ce sombre sujet, par l’intermédiaire de son Président, Maxime, en revenant sur la tragédie parisienne tout en défendant le spectacle vivant. Le tout avant de conclure sur une demi minute de silence ultra respectée, puis une autre de bruit "parce qu’on reste des metalleux". Un moment d’émotion nécessaire.



La soirée, elle, démarrait plus timidement avec les Irlandais de Dead Label
Dead Label
Clique pour voir la fiche du groupe
, devant un parterre encore un peu restreint, ceci probablement en raison du trajet en mode "zone de guerre" qui attendait bon nombre de Français / Belges / Luxembourgeois depuis le renforcement des contrôles aux frontières. Annoncé comme Deathcore, le trio évolue davantage dans une sorte de Neo Metal moderne doté d’une certaine dureté groovy amenée par la batterie minimaliste de Claire Percival. Une sorte de Dry Kill Logic en plus brutal, dans lequel les soli bien amenés de Danny auraient remplacés les refrains mélodiques. Motivé, Dan O’Grady (basse et chant) ne cesse de réclamer plus de répondant de la part d’un public encore un peu timide et prend vraiment à cœur la tâche qui lui incombe. Un set intéressant mais qui peine à vraiment décoller malgré l’espace sonore alloué : le son est déjà très fort, peut-être même un peu trop étant donné le peu de remplissage de la salle à ce moment de la soirée.



Annoncée assez discrètement l’été dernier, la création de Once Human
Once Human


Clique pour voir la fiche du groupe
, le nouveau projet de Logan Mader, constituait un petit événement étant donné le pedigree du bonhomme, aujourd’hui producteur demandé, mais grand contributeur des premiers travaux de Machine Head
Machine Head


Clique pour voir la fiche du groupe
et Soulfly
Soulfly


Clique pour voir la fiche du groupe
dans les années 90. Mais les quelques écoutes des extraits de The Life I Remember m’ont peu marquées, et j’avais au final déjà presque oublié ce nouveau projet avant que la présence de Once Human
Once Human


Clique pour voir la fiche du groupe
ne soit confirmée sur cette tournée.



Dès les préparatifs (terminés avec dix bonnes minutes d’avance !), on sent le groupe, tout sourire, heureux d’être là. Logan est torse poil comme à la grande époque, et, à l’heure dite, son nouveau groupe entame un set emmené par un petit bout de femme, Laurent Hart, au corps semblant aussi frêle que ses growls percent les tympans. Son chant se trouve en effet malheureusement surmixé au détriment des guitares, malgré quelques leads et soli convaincants (Terminal, Demon Eye). Un ensemble qui nuit irrémédiablement à l’appréciation de ce concert.



Au fur et à mesure que les compos s’égrènent on a le sentiment de se trouver devant un Arch Enemy
Arch Enemy


Clique pour voir la fiche du groupe
du pauvre, un sentiment renforcé par l’attitude de Lauren (par ailleurs extrêmement sympathique) qui nous fait irrésistiblement penser à Angela Gossow. Si bien que c’est finalement dans ces quelques morceaux dotés de double chant mélodique (Lauren étant soutenue par le guitariste Skyler Howren) que l’on trouve Once Human
Once Human


Clique pour voir la fiche du groupe
plus intéressant.



Mais pour sa première tournée européenne (en compagnie du français Damien Rainaud à la basse), Once Human
Once Human


Clique pour voir la fiche du groupe
nous aura surtout marqué par sa reprise du légendaire Davidian, devant un public d’abord incrédule puis déchainé. Un joli clin d’œil même s’il y a fort à parier que les plus jeunes n’auront pas compris le lien entre Once Human et Machine Head (et ce, malgré les explications de Lauren). A noter également que le groupe se rendra très disponible pour ses fans au merch’, un fait suffisamment rare pour être souligné.


(Logan Mader avec Machine Head, au début des années 1990)

Les esprits bien réveillés par le discours de Maxime susmentionné attendent maintenant de pied ferme les stars de la soirée, qui affichent leur soutien après le cauchemar de la semaine écoulée jusqu’à leur scène, ornée d’un drapeau tricolore. L'orga me le confirmera après le show, cette initiative venait bien du groupe, le drapeau était accroché dans l'escalier menant à la salle en début de soirée avant d'être embarqué sur scène.



C’est propre à ce type de concert basé sur l’anniversaire d’un album, tout le monde sait de quoi sera faite la setlist de ce soir. L’intro de Demanufacture (et de son morceau titre) recueille ainsi des râles de satisfaction tandis qu’elle retentit dans les travées du Gueulard +. Lorsqu’il déboule sur scène, on sent le groupe motivé et ravit de la belle ambiance qui règne déjà. Si le kit de Mike Heller se veut moins impressionnant que celui de Raymond Herrera à l’époque, Dino arbore, lui, une magnifique guitare aux couleurs de l’album phare de la soirée, et Tony Campos reste placide comme jamais. Mais c’est surtout de la performance de Burton C. Bell dont il sera question ce soir, comme toujours lors des concerts de Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
.



Soulagement, grand soulagement, Demanufacture et surtout Self Bias Resistor conquièrent immédiatement. Le son est clair, gros, imposant, et surtout Burton assure son rôle à la perfection, parvenant à moduler sa voix tout en se démenant sur scène. Dino et Tony échangent régulièrement leur place (voire récitent les lyrics pour le guitariste) et le groupe n’a pas besoin d’en rajouter beaucoup plus pour que Le public réagisse au diapason et que le pit s’active durablement.



Les samples de Zero Signal viennent alors varier un peu l’ambiance, mais aussi apporter les premières petites difficultés vocales pour Burton qui s’en sort quand-même sans trop de casse avant de nous livrer l’attendu, le cultissime Replica, habituellement réservé au rappel, mais venant ici conclure cette première partie de set dantesque. Le groupe est à fond, le public aussi : un moment qui reste indéniablement à part lors des concerts de Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
. Le New Breed qui s’en suit est aussi direct que presqu’anecdotique, même s’il a l’avantage d’être beaucoup moins joué sur scène habituellement que le quatuor d’intro de Demanufacture.



Arrive alors l’instant un peu décalé de l’album, avec la reprise de Head of David, Dog Day Sunrise. Un vrai défi au chant clair pour Burton, que le pit peut apprécier pendant qu’il reprend quelques forces. Mais les problèmes arrivent davantage avec Body Hammer, complètement massacrée par un Burton à la peine et qui nous fait craindre pour la suite du concert.



Fort heureusement, Flashpoint se veut aussi abrasive que sur album et fait grosse impression, mais pas autant, à mon goût, que le formidable Hunter Killer, un des (nombreux) gros tubes de Demanufacture avec ses lyrics tueurs (I am a criminal), et sa conclusion impressionnante où Dino montre encore toute sa maîtrise en rapidité d’exécution des riffs calés sur la batterie (ou vice versa !). Pisschrist prolonge cet élan de toute beauté et parachève, comme sur album, cet instant magique. La vraie conclusion de cette première partie de concert étant réservée bien entendu à A Therapy for Pain, qui sera effectivement jouée (et non simplement diffusée), montrant là le vrai intérêt de Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
concernant l’exercice qui l’occupe sur cette tournée.



Une courte pause, et Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
revient pour une deuxième partie de concert où le groupe reste ultra concentré mais un chouia plus détendu, en tout cas plus communiquant à l’image des « Can you feel it ? Fuck yeah » assénés par Burton. La fabuleuse doublette tirée de Obsolete Shock / Edgecrusher voit en tout cas Mike Heller s’en donner à cœur joie, tandis que l’on se rend compte à quel point le son est bon et rend justice à la puissance de feu des Américains.



C’est alors que Burton, qui a maintenant la voix bien cassée, rappelle, outre les 25 ans de Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
, la sortie récente de Genexus (chroniqué par ailleurs) dont le groupe va jouer trois titres, et pas des moindres : Soul Hacker, sur lequel Dino se fait remarquer par l’un de ses rares solos, Dielectric, qui vient rappeler comme le groupe sait encore écrire des refrains ultra catchy en 2015, et le presque poppy Regenerate, gratifié d’un circle pit. Chose presque surprenante compte tenu des quelques défaillances vocales précitées, l’interprétation de ces trois titres frise la perfection (autotune ?), et justifie le rapprochement qui a pu être fait entre ce Genexus et … Demanufacture. Mais pour vraiment boucler la boucle et célébrer cet anniversaire comme il se soit, nul autre titre que Martyr ne pouvait être joué en conclusion. Le pit s’enflamme alors une dernière fois au son de ce morceau qui rappelle lui-aussi toute une époque, et clot un concert tonitruant.

Burton C. Bell déclarait récemment que la tournée réalisée en co-headline avec Devin Townsend en 2012 constituait la meilleure tournée européenne pour Fear Factory
Fear Factory


Clique pour voir la fiche du groupe
depuis un bail. Nous n’avons pas pu lui poser la question, mais il y a fort à parier que cette tournée anniversaire de Demanufacture ne vienne se positionner assez haut au classement également !



Remerciements à Max, Damage Done et au Gueulard + !

Un grand merci à Geoffrey Blechschmidt pour les photos de Fear Factory et Once Human !

Prochains concerts de Damage Done :
12/12/2015 : SOILWORK + HATESPHERE + ARCANIA @ METZ (FR) @ Les Trinitaires, Metz
12/01/2016 : THERION + Guests @ la BAM, Metz

TU AS AIME ? PARTAGE !
Google +
Twitter
Facebook
Whatsapp
E-mail
E-mail
Google +
Twitter
Facebook

► COMMENTAIRES

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter !

Soit en deux clics via Facebook :

image

Soit via l'inscription classique (mais efficace) :

image

► A VOIR ENSUITE