Se connecter
Live report 18-05-2023 par Maxime 8 min de lecture

Counterparts retourne le Trix Club

Alors que leur dernier passage en Belgique remonte seulement au 24 octobre dernier, les Canadiens de Counterparts ont décidé de revenir, durant ce mois d’avril, nous en mettre plein la tronche avec une tournée de grande envergure. En effet, fin 2022, le groupe s’est lancé dans un périple européen ayant pour objectif de nous présenter son excellent nouvel album A Eulogy For Those Still Here. Pour ce faire, la formation a préféré les petites salles intimistes (à l’image du club De Chinastraat à Gand) et s’est entourée d’invités moins prestigieux mais calibrés pour les initiés (Justice For the Damned et thrown). Face à ce choix de tournée surprenant à la vue de la popularité grandissante du groupe, il était plus que temps pour Counterparts de nous proposer une tournée digne de ce nom. Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps avant que ce ne soit chose faite ! Nous voilà donc six mois plus tard et cette fois-ci, le rendez-vous est donné au Trix Club. En apéritif, nous aurons droit à un panel d’exception composé de Kublai Khan TX, Paleface et Dying Wish.

Je ne vais pas vous le cacher mais si j’ai roulé jusqu’à Anvers ce samedi, c’est essentiellement pour assister à la prestation des Américains de Dying Wish. Depuis que je les ai découvert via leur split en compagnie de Serration (2018) et notamment le morceau « Veil », je suis tombé sous le charme de leur Metalcore mélodique à l’ancienne. Par la suite, mon intérêt pour la formation de Portland a atteint son paroxysme à la sortie de leur premier album Fragments of a Bitter Memory (2021) et j’attendais avec impatience de pouvoir les découvrir sur scène (les ayant raté lors de leur première venue en Belgique en guest de Lionheart en octobre dernier).

La salle est relativement vide lorsque les lumières s’éteignent, mais ça n’empêche pas la formation de tout donner directement. Histoire de mettre tout le monde d’accord, nous avons droit en ouverture au morceau « Fragments of a Bitter Memory ». Riffs mélancoliques et gros breakdowns sont au rendez-vous ! Il ne faut d’ailleurs pas attendre bien longtemps avant que les premiers mosheurs ne pointent le bout de leur nez. Au niveau de la setlist, celle-ci reprend toutes les meilleures chansons de Fragments of a Bitter Memory, que ce soit « Until Morning Comes », « Severing the Senses » ou encore « Enemies in Red ».

En observant quelques vidéos live sur Youtube, j’ai remarqué qu’Emma (chant) utilisait un timbre bien plus aigu qu’en studio et avait quelques approximations. Heureusement, il n’en sera rien ce soir et nous avons droit à une prestation solide du début à la fin. Néanmoins, il est vrai que sa voix est plus incisive et « raw » en live. Avec seulement 30 minutes, Dying Wish sort le rouleau compresseur en nous balançant « Now You’ll Rot » suivi de « Cowards Feed, Cowards Bleed ». Un très bon moment de violence qui n’a laissé personne indifférent. Comme on pouvait s’en douter, nous avons aussi droit à la nouvelle chanson « Torn From Your Silhouette ». Celle-ci reste dans le registre habituel du groupe et annonce un futur album prometteur. Enfin, la formation clôt son set par « Innate Thrist » et son breakdown mélodique. Un concert magistral qui aurait mérité un petit peu plus d’ambiance mais qui musicalement aura été irréprochable. La relève du Metalcore est entre de bonnes mains !

Le changement de set se fait extrêmement rapidement ! En seulement 10 minutes, Paleface est déjà prêt à en découdre. Les Suisses, qui évoluent dans un subtile (ou pas) mélange de Beatdown et de Deathcore, sont venus nous présenter leur dernier album en date Fear & Dagger (2022). Le public est plus compact et à peine les premières notes lancées que voilà le pit transformé en véritable champ de bataille. Il faut dire qu’avec ses riffs supers lourds, Paleface sait comment réveiller les fans. Vu les sous-genres mentionnés, il n’est pas étonnant de voir apparaitre du crowdkilling dès le morceau d’ouverture (« Pain »). D’ailleurs, petite pensée au pauvre gars devant moi qui se sera pris un nombre incalculable de mandales durant toute la prestation.

Même si j’apprécie leur dernier album, j’ai tout de même un peu de mal à rentrer dans la performance. Cela s’explique par le fait que, étonnamment, on ressent davantage l’atmosphère anxiogène des chansons en version studio. On perd donc les subtilités des compositions au profit d’une violence démesurée. Cependant, arrivée à la deuxième moitié du set, et surtout grâce à l’excellente « Deathtouch », je commence à rentrer dans le concert. Malheureusement, ce sentiment est de courte durée dû à une fin de setlist assez plate. Tout d’abord à cause de « My Grave / Lay With Me » qui, avec son introduction Trap et son chant clair, me laisse totalement de marbre (je dois bien avouer être l’un des seuls). Ensuite car Paleface décide de terminer par leur nouveau single « Best Before Death » que je trouve trop conventionnel pour le genre. Au final, ce fut loin d’être une mauvaise performance mais mon manque d’investissement aura eu raison de moi.

On monte d’un cran en termes de popularité avec maintenant les Texans de Kublai Khan TX. Armé de son Metalcore aux touches Beatdown, le groupe est attendu par une foule qui est encore loin d’avoir gaspillé toute son énergie. Ça tombe bien car les Américains débutent par leur classique « The Hammer ». Un très bon choix d’ouverture qui prodigue instantanément une folie dans le pit. A l’image des autres formations du soir, le groupe met à l’honneur sa sortie la plus récente, un EP pour le coup, nommée Lowest Form of Animal (2022). Que c’est plaisant d’entendre pour la première fois en live des titres comme « Resentment » ou encore « Loyal to None ». Néanmoins, la plus attendue est sans conteste « Swan Song ». Pas de Scott Vogel (Terror) en featuring ce soir donc on aurait pu s’attendre à voir le(la) chanteur(se) d’un autre groupe venir interpréter les différents passages. Cependant, nous aurons un tout autre invité car c’est le roadie qui prend le micro et vient nous montrer tout son talent (on a d’ailleurs pu l’entendre durant Dying Wish et plus tard pendant Counterparts).

Bien que les breakdowns s’enchainent sans répit, je trouve que la performance générale manque de puissance. Ce sentiment peut paraitre étrange quand on connait Kublai Khan TX mais comparé aux autres formations du soir, il n’y a pas eu ce côté explosif. Matt Honeycutt (chant) est en forme et comme à son habitude nous lâche un grand nombre de « wouf wouf » avant chaque breakdown. Les chiens sont de sortie ! Quelques jours avant le concert, le groupe a sorti une nouvelle chanson intitulée « Theory of Mind », nous ne pouvions donc pas passer à côté. Celle-ci est calibrée pour le live et est déjà fortement appréciée par les fans. Bien qu’elle soit dotée d’un temps de jeu de 40 minutes, la formation a plié bagage quelques minutes plus tôt. En somme, une bonne prestation composée d’une setlist efficace mais qui manquait d’un peu d'intensité.

La soirée touche presque à sa fin et il est temps d’accueillir les héros du soir, c’est-à-dire Counterparts. Évoluant dans un Metalcore avec une grosse patte Melodic Hardcore, on sait que l’on va naviguer entre des gros breakdowns et des mélodies à fleur de peau. Comme on pouvait s’y attendre, le groupe ouvre avec « Whispers of Your Death » qui est également le titre d’ouverture de A Eulogy For Those Still Here. Cette chanson hyper efficace permet aux plus courageux d’entre nous de débuter du stage dive. Il faut dire que Counterparts a décidé de jouer dans l’incisif ce soir afin de ne pas nous laisser une seule seconde de répit. La preuve en est avec l’enchainement destructeur qui suit composé de « Bound to the Burn » et « Wings of Nightmares ». Au final, la setlist est proche de celle qu’ils avaient joué lors des festivals d’été, c’est-à-dire des chansons provenant majoritairement de leurs deux derniers albums. Avec un temps de jeu plus conséquent qu’en juin, le groupe nous gratifie de nouveautés comme « Flesh to Fill Your Wounds » et ses deux breakdowns dévastateurs.

Durant l’entièreté du set, le public n’a pas arrêté de bouger dans tous les sens et de chanter à tue-tête les nombreux refrains. On remarque que Counterparts a passé un palier en termes de popularité, même si cela reste relatif à un Trix Club. Sur scène, Brendan (chant) montre, comme à l’habitude, sa double personnalité, faisant preuve d’une grande flemme et ironie comme d’une énergie éprouvante. Après un final reprenant « Your Own Knife » et « Paradise and Plague », les Canadiens finissent sur « A Mass Grave of Saints » qui est bien plus calme et mélancolique que les autres chansons jouées ce soir. Cependant, comme le veut la tradition, nous avons droit à un rappel avec uniquement « The Disconnect ». Celle-ci est extrêmement populaire auprès du public, bien que je la trouve largement en dessous de ce que sait faire le groupe actuellement. Un excellent moment et une setlist aux petits oignons qui ne me donne qu’une seule envie, les revoir le plus vite possible.

Remerciements à Kingstar Music pour l’invitation.

Sur les mêmes groupes

Courtrai (Alcatraz Festival), le 08-08-2026
Photos 16-08-2026

Terror

Courtrai (Alcatraz Festival), le 08-08-2026 — 11 photos

par Nicolas Lambinet

Clisson (Hellfest Open Air), le 20-06-2026
Photos 10-08-2026

Lionheart

Clisson (Hellfest Open Air), le 20-06-2026 — 14 photos

par Nicolas Lambinet

Clisson (Hellfest Open Air), le 20-06-2026
Photos 10-08-2026

Kublai Khan TX

Clisson (Hellfest Open Air), le 20-06-2026 — 14 photos

par Nicolas Lambinet

Le premier album de No Cure en écoute
News 10-07-2026

Le premier album de No Cure en écoute

Le groupe américain NO CURE (Metallic Hardcore) vient de sortir son premier album nommé It is Going to Get Dark chez Sharptone Records . La formation sera de…

Clisson (Hellfest Open Air), le 19-06-2026
Photos 06-07-2026

Dying Wish

Clisson (Hellfest Open Air), le 19-06-2026 — 26 photos

par Nicolas Lambinet

À lire ensuite

Smokebomb - ... And Out Smoke the Bomb
Chronique 22-09-2026

Smokebomb - ... And Out Smoke the Bomb

SMOKEBOMB mêle avec efficacité le Hardcore Punk et le Groove Hip Hop, renouant ainsi avec l'âge d'or du mouvement Fusion des années 90. L'identité du groupe…

par Fred

Bruxelles (Le Botanique), le 19-09-2026
Photos 20-09-2026

Giac Taylor

Bruxelles (Le Botanique), le 19-09-2026 — 27 photos

par Fred

It It Anita - S/T
Chronique 24-06-2014

It It Anita - S/T

Dernier arrivé (ou plutôt dernière sortie de) chez Honest House, IT IT ANITA contribue à démontrer que la Cité Ardente possède encore quelques groupes dans ses…

par Fred