
Avant la grand-messe, on a droit à un élan de douceur signé par Circuit des Yeux. La nana, seule sur scène, nous vient de Chicago et n'a pas eu de chance. Ses bagages restés coincés quelque part en Islande, son matos se résume à sa douze cordes. Pas grave, elle nous livre un set acoustique d'une douceur profonde qui berce l'assistance d'une très belle manière. Psychédélique, voire même envoûtante, la musique que nous livre Circuit des Yeux est douce, mais s'appuie sur une voix grave. Dans le genre Janis Joplin des temps modernes, Haley Fohr, la fille en question, nous aura certes endormis, mais nous aura surtout agréablement surpris.

En totale opposition à toute cette douceur, Liturgy entre à son tour sur scène. Pas de têtes d'animaux sanguinolentes, pas de peinture blanche sur le visage, pas de bracelets à clous, non rien de tout ça! Liturgy, c'est avant tout du black metal intellectuel et non visuel. D'ailleurs, Hunter Hunt-Hendrix, le leader de la formation, nous l'explique dans son bouquin Transcendental Black Metal, un concept qu'il pense avoir inventé. Le gars s'y croit un peu, mais faut faire abstraction. Après un lent gémissement mis en boucle pendant une grosse minute, Liturgy déballe la marchandise et nous la fait exploser à la figure. "Il y a un petit peu plus. je vous le mets?" Pas le temps de répondre! Explosion subite de décibels, le public s'en est pris plein la tronche. Devant les têtes se mettent en action. La danse des cervicales peut commencer.
Quasiment vierge de paroles (et heureusement car pour le peu de chant qu'il a dû nous livrer, notre Hunter Hunt était loin d'être juste), la musique de Liturgy ne laisse pas indifférent et en pousse certains dans leurs retranchements. Mélangeant les styles et repoussant les archétypes sonores du black metal traditionnel (pour autant qu'il en existe), Liturgy enchaîne les morceaux sans s'arrêter ni dire un simple "hello". La distance fait partie de la mise en scène. Avec une rythmique tenue d'une main de maître par Greg Fox, le dernier arrivé dans le band, le groupe nous assomme dans les règles de l'art, mais fini parfois par déranger. Ce manque de repères ou alors cette impression de nonchalance, on ne sait pas, mais Liturgy finit par nous perdre. Bingo, leur objectif est atteint.
Efficace et sans concessions, le style de Liturgy n'est pas là pour plaire, mais pour s'imposer. Après un dernier morceau, l'audience se libère enfin. Convertie, la majeure partie du public en redemande. Logique, le coup était net et sans bavure et ce même s'il était loin d'être parfait.

Liturgy