Et toujours est-il que dimanche soir, le Sojo avait de quoi faire office de valium pour celles et ceux pour qui ce soir-là de la semaine est synonyme de déprime! A l'affiche, on retrouvait l'Anversois de Ashtoreth et les Suisses de Monkey3 qui délaissaient leur Lausanne natale à l'occasion d'une courte tournée européenne.

Seul sur scène, Ashtoreth, c'est une sorte de petit ovni qui, avec une guitare, un micro et une multitude de pédales à effets parvient à construire des morceaux interminables dont les rythmes et les passages chantés laissent penser à des incantations chamaniques. Fortement aidé par le mélange d'herbes rigolotes qu'il fait brûler dans un petit potje posé délicatement à ses pieds, notre lascar parvient à nous faire planer pendant un bon deux fois vingt minutes. Et même si c'était chouette, il n'en fallait pas plus!

Après avoir été aérer ses poumons et prendre un peu d'air frais afin de recouvrer nos esprits, c'est au tour des Suisses de monter sur les planches de la petite scène du Sojo. La salle n'est pas remplie, mais cela ne fait rien, celles et ceux qui sont là savent pourquoi ils ont fait le déplacement et les absents ont toujours tort! The 5th Sun, le dernier album du groupe, date de 2013, mais qu'à cela ne tienne car ce passage en Belgique, même sans nouvel album sous le bras, est l'occasion pour Monkey3 de repasser une partie de sa carrière en revue, ce qui est loin d'être décevant. Au final, le groupe va balayer ses quatre albums et nous jouer une petite dizaine de morceaux en pratiquement 1h45 de concert.
Sur scène, Monkey3 se donne comme à son habitude et tout le monde se sera une nouvelle fois délecté de cette musique pratiquement exclusivement instrumentale dans laquelle nos quatre Lausannois parviennent à mêler Stoner et Prog dans un style qui leur est désormais plus que propre. A la fois puissants, mélodiques, mais également envoûtants, les morceaux que propose Monkey3 ont chacun de quoi faire monter la température d'un cran supplémentaire, ce qui transforme vite la petite salle du Sojo en un véritable saunât. Niveau maîtrise des instruments, les Suisses n'ont pas vraiment de leçon à recevoir. Chacun dans leur style, les musiciens de Monkey3 nous en donnent pour notre argent et les soli de guitare balancés par ce diable de Boris, l'homme au t-shirt Danzig, ne feront qu'affoler l'assistance un petit peu plus.
Au final, Monkey3 nous aura offert un magnifique moment pendant lequel on ne sera pas ennuyé une minute et aura donné à son concert des allures de best of tant les albums du groupe sont tous différents les uns des autres.

Ashtoreth
Monkey3