A l'image de la manière dont elles sont gérées et organisées, les fêtes de Lokeren mixent des affiches de qualité et une ambiance décontractée et familiale ce qui en fait, à nos yeux, l'un des festival les plus sympathique du pays. Et chaque année, cerise sur le gâteau pour tous les Metal Heads du royaume, les fêtes enfilent leur cuir et offrent un metal day qui, une fois encore, avait de quoi faire saliver bon nombre d'amateurs du genre. En proposant Limp Bizkit en tête d'affiche, on pensait que les Lokerse Feesten avaient cassé leur tirelire et que le reste de l'affiche serait sans doute plus light! Et ben non, car avant les néo-métalleux, les 15.000 festivaliers ont eu droit à d'autres gros morceaux comme Slayer, Parkway Drive ou encore Steel Panther, mais aussi aux vétérans de Suicidal Tendencies et aux sludgers de Red Fang. Bref, une affiche tout simplement fantastique qui, logiquement a rameuté les foules et, surtout, a tenu toutes ses promesses.

Avec un programme pareil, les retardataires allaient s'en vouloir! Si on se sera délecté de la prestation des boys de Red Fang qui ont balancé un son surpuissant, le gros du programme débutait un peu avant 18h, moment où une légende du thrash et du hardcore allait faire son apparition: Suicidal Tendencies. Actif depuis 1980, le groupe, toujours emmené par ce diable de Mike Muir, son frontman au chant et à la démarche inimitables, s'offrait une détour par la Belgique face à une plaine de Lokeren déjà plus que bien garnie. Alors que le groupe sortira un prochain album en septembre dont le titre, World Gone Mad, n'aura sans doute jamais été aussi vrai, les Californiens nous ont offert un moment de sacrée nostalgie en puisant également dans leur passé. En un peu moins d'une heure, Mike Muir et sa bande auront sans aucun doute signé l'un des grands moments de ce Metal Day cuvée 2016!

Place ensuite aux Australiens de Parkway Drive. Déphasés par le jetlag, les boys emmenés par un Wiston McCall, dont les qualités de frontman ne sont désormais plus à prouver, nous aurons balancé le show le plus festif et le plus sincère de la journée. Avec une banane jusqu'aux oreilles, McCall et ses acolytes sillonnent le globe depuis 2015 et la sortie de Ire, leur cinquième album et force est de constater qu'ils prennent toujours autant de plaisir à venir nous assommer avec leur metalcore ravageur. Au menu, du grès gros son, mais aussi une réelle fiesta, car dans leurs valises les Australiens avaient emporté confettis, paillettes et autres éléments pyrotechnique. En une heure, la plaine de Lokeren aura été transformée en grand bordel et les nombreux crowd-surfers auront donné du fil à retordre aux gars de la sécu.

Clap, sans transition! Ce qui suit, c'est le boobies club. On enfile notre spandex, on se refait le brushing et on se tartine les lèvres de gloss afin d'accueillir Steel Panther comme il se doit. A prendre au 36eme degré, les prestations des Californiens, maîtres du Glam-metal parodique orienté en-dessous de la ceinture (et au-dessus aussi, en fait!), offrent toujours leur lot (lolos?) de situations hilarantes (dans lesquelles on aimerait quand même pas voir sa fille se retrouver!). Emmenés par un Micheal Starr des grands soirs, les Steel Panther sont à peine montés sur scène que les premiers boobies sortent déjà de leurs écrins de dentelle afin de prendre l'air frais, mais supportable, que la météo clémente nous offre ce dimanche soir à Lokeren. Pendant une heure, les gars d'Hollywood jouent avec leur public, incitent les nanas à montrer leurs poumons et, last but not least, nous balancent quand même un Glam-metal loin d'être mauvais. Mais soyons honnête, Steel Panther, c'est Boobies, Boobies, Boobies et (un peu quand même) de musique!

A 22 heures, la plaine de Lokeren a rendez-vous avec un mastodonte qui ne se présente plus! Place à Slayer et à son armée de fans costaux prêts à en découdre. Et si ces derniers temps la bande à Tom Araya nous aura habitué à des prestations en dents de scie, celle à laquelle nous aurons eu droit fera partie de celles dont il faudra se souvenir! Avec un son extrêmement bien géré (et ce d'ailleurs durant toute la journée), Slayer entame son show par un ''Repentless'' explosif qui a tôt fait de faire bouger les 15.000 personnes entassées sur le Groote Kaai. La suite de ce set tranchant comme des lames de rasoir se poursuit par un ''Disciple'' dont le refrain ''God Hates Us All'' raisonne plus fort encore que jamais! Après quelques morceaux, Tom Araya, pourtant d'habitude si peu loquasse, ose quelques mots de remerciement...en français. Lokeren a beau ne pas être une terre de flamingants, le résultat est immédiat et le chanteur reçoit quelques sifflets encore gentils. Soutenu par un light show à tous nous rendre épileptiques, le set que nous offre Slayer nous retourne la tête et le reste aussi d'ailleurs. Que ce soit à travers les riffs de ''Postmortem'', ''You Against You'' ou ceux de la série ''South of Heaven'', ''Raining Blood'' et ''Angel of Death'', dédié à feu Jeff Hanneman, Slayer nous aura sorti la grosse artillerie.

Héros de l'adolescence des jeunes trentenaires, Limp Bizkit se la jouait tête d'affiche dimanche soir à Lokeren et le moins que l'on puisse dire, c'est que la foule était au rendez-vous! Mais, petite déception: les néo-métalleux qui fêteront d’ailleurs bientôt leur 25 ans d'activité nous aurons au final livré un show en demi-teinte. Dans les plus, on placera bien entendu l'énergie de Wes Borland (guitare), entièrement de blanc vêtu, mais aussi la voix de ce voyou de Fred Durst ainsi que, bien entendu, les morceaux ''rouleaux compresseurs'' quasiment tous sortis des albums Significant Other et Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water! Dans les moins, on épinglera principalement le manque de rythme entre les morceaux. Fred Durst, toujours aussi à l'aise, se perd parfois dans des interventions tirées en longueur qui, malheureusement, font retomber l'ambiance. Résultat, on aura eu l'impression que le concert n'aura finalement jamais réussi à passer la deuxième! Toujours est-il que, dans son style, Limp Bizkit n'en reste pas moins une machine à hits, pas toujours très relevés, mais hits quand même! Il n'y a pas à dire, les ''My Generation'', ''Hot Dog'' et autres ''Break Stuff'' sont taillés pour le live et ne sont pas prêts d'arrêter de faire sauter les fosses du monde entier!
© photos: Creeping Mac Kroki et Focale 2.8
Limp Bizkit

Parkway Drive

