Se partageant la tête d'affiche à tour de rôle, ce soir-là Kadavar jouait en pôle position et c'est sur le coup de 19h45 que les trois comparses originaires de Berlin ont fait leur entrée. Devant ça se presse déjà bien et, dans leur style brute de décoffrage couplé à un brin de nonchalance, Lupus, Tiger et Dragon, les petits surnoms que ce donnent ces trois Teutons, ont immédiatement envoyé du lourd. Résultat, les têtes s'agitent directement et les cervicales risquent de prendre cher. Enchaînant les morceaux à la vitesse grand V, Kadavar ne laisse pratiquement aucun répit et donne l'impression de pouvoir tenir le rythme des heures durant. Mélangeant les morceaux de ses trois albums, le trio nous rappelle ô combien ses trois galettes rassemblent chacune des petits brûlots à se faire damner n'importe quel amateur de cette nouvelle vague qui remet le hard rock des 70's au devant de la scène. Seul bémol, cette scène qui parait si loin et ce pit photo si grand! Alors que leur dernier passage en salle au VK en décembre dernier s'était avéré tout simplement explosif, là la distance entre les trois Allemands et leur public était malheureusement un peu trop grande et aura peut-être fait perdre un brin d’intensité à cette prestation qui, à la base, n'en manquait déjà pas. L'énergie déployée par Christoph ''Lupus'' Lindemann (chant/guitare) et cet ogre de Christoph ''Tiger'' Bartelt (batterie) est de toute façon tellement abondante qu'elle finit toutefois par allumer la fosse qui si elle avait été encore plus proche se serait certainement enflammée et consumée. Après une heure, la messe est dite et Kadavar s'en retourne. Mission accomplie.

Dans un tout autre style, mais avec une énergie également complètement incroyable, les Suédois de Blues Pills et leur blues/rock n'ont rien à envier à leurs comparses de tournée. Mixant technicité instrumentale avec, à la six cordes, un Dorian Sorriaux des plus talentueux, et présence scénique magistrale, grâce à la jeune et trémoussante Elin Larsson qui aura fortement impressionné au chant, Blues Pills alterne le calme et la tempête. Dans un genre moins couillu que celui développé par Kadavar, le quatuor originaire d'Örebro, petite ville du centre du pays située à même pas deux heures de voiture de Stockholm, balaye également tout sur son passage. Et si Kadavar tient son énergie de son duo guitare/batterie, Blues Pills, de son côté, la doit entièrement à cette diablesse d'Elin Larson qui tout en étant remuante et virevoltante, dispose d'une voix digne des plus grandes.
Célébrant la sortie de son deuxième opus, Lady in Gold, arrivé en août dernier chez Nuclear Blast, le combo nordique confirme sur scène tout le bien que la presse en a déjà dit sur album. On aime ou on aime pas, mais une chose est certaine, la recette que nous sort Blues Pills de sa marmite mérite quelques étoiles. On regrettera peut-être le decrescendo de la soirée avec un Kadavar qui aurait peut-être été plus à sa place en seconde position, mais ce Blues Pills-là, certes surtout grâce à sa frontwoman de compétition, n'aurait pas pu faire autrement que de se mettre l'Ancienne Belgique dans la poche, ce qu'il a d'ailleurs fait, non un certain brio.

Kadavar
Blues Pills