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Live report 06-09-2022 par Renaud 14 min de lecture

Hellfest 2022 - Jour 2 : Le péplum musical continue

Le temps est venu de dresser un premier bilan après un jour d’hostilités. En faisant abstraction des différents éléments mentionnés dans notre live-report du premier jour, il nous semble important de souligner les efforts réalisés par l’organisateur pour que les festivaliers soient accueillis dans les meilleures conditions possibles. Alors que nous sommes en période de canicule, avec un défi logistique en matière de gestion de l’eau, à chaque sortie de scène nous avons trouvé à tout moment un point d’eau accessible sans débourser le moindre euro ; de plus, la politique habituelle d’interdiction des bouteilles vides sur le site a été adaptée en raison des conditions météorologiques. Bref, le Hellfest a été en mesure de s’adapter rapidement aux conditions climatiques exceptionnelles.



De plus, nous avons été plus qu’agréablement surpris des offres de restauration. Au niveau des breuvages, outre l’eau potable gratuite à disposition (!), diverses sortes de bière –au goût parfois discutable il est vrai- et du Muscadet sont proposés pour un budget plus qu’acceptable pour un festival de cette ampleur. En outre, les différents foodtrucks disponibles proposent de la nourriture variée dans une fourchette de prix souvent admissible –on fera l’impasse sur la pizza « géante » à presque 30€. Hors pays de l’est, nous n’avons jamais aussi bien mangé lors d’un festival de cette ampleur ; on est loin de la fricadelle belge et autres fritures hors de prix. Pour clôturer cette introduction culinaire, soulignons le système de cashless qui permet rapidement de déterminer un montant à dépenser sur le site ; ça vous semble accessoire, mais éviter de devoir acheter une palette de 10 jetons quand tu as envie de 2 ou 3 boissons en fin de festival est une opportunité plus qu’appréciée.

Si nous avions une seule amélioration à proposer, ce serait d’offrir –ou de proposer moyennant tarification- à chaque festivalier 2023 un porte gobelet avec mousqueton ; au vu du système de gobelet réutilisable, ça nous paraît plus qu’opportun.

Fire From the Gods * Mainstage 1 * 11h05 – 11h35



Nous débutons notre deuxième journée par un groupe comme seul le Hellest peut proposer en Mainstage, à savoir Fire From the Gods et son rap metal. Quand je constate qu’au Graspop on les relègue en fond de court sur la Jupiler Stage le dimanche avec Invisions et Spiritbox, ma jauge de respect envers le Hellfest monte encore en flèche.

Les américains étaient heureux d’être parmi nous, en particulier AJ Channer qui n’a pas manqué de verbaliser sa joie. On assiste à une prestation qui ne fait qu’aller crescendo et qui arrive à mobiliser de bonne heure. Pour couronner le tout, le vocaliste confirme ses propos en allant taper dans la main de chaque festivalier à l’avant de la scène à la fin du set, une première et dernière à notre connaissance pour l’édition 2022. A bientôt en salle, du moins nous l’espérons.

Last Temptation * Mainstage 2 * 11h40 – 12h10

Après le meilleur –nous grossissons un peu le trait il est vrai- vient le pire, et pour le coup nous confirmons nos dires. Nous nous sommes positionnées devant Last Temptation sans connaître leur discographie ou le moindre titre, et ce que nous avons entendu ne nous a pas motivé à approfondir l’expérience.

Last Temptationet son rock dépassé ont réussi non seulement à s’inviter en Mainstage du Hellfest mais également à justifier leurs réglages sonores foireux à coups de « c’est ça le rock’n’roll » envoyés à la volée. Il s’agit de la seule prestation dont nous avons eu pitié sur l’ensemble du festival et mes oreilles font le vœu de ne plus jamais croiser leur route.

Invisions * Mainstage 1 * 12h15 – 12h45



Après le temps de la déception vient celui de la réconciliation avec les britanniques d’Invisions venu balancer leur metalcore aussi classique que puissant et efficace. Ben Ville en impose, il enfile le costume de frontman charismatique à la perfection tandis que ces comparses musiciens envoient la sauce en dégageant une énergie folle. Les membres semblent assez liés les uns aux autres, en atteste le pendentif identique affiché par chacun d’eux ; tout ça sent bon le bromance.



Le public est déjà bien chaud en ce début de journée, preuve que le metalcore si souvent décrié ne manque pourtant pas d’attirer et faire réagir les foules. Nous voici avec un groupe supplémentaire à rajouter à notre liste des formations à voir en salle, que demander de plus.

The Picturebooks * Valley * 12h50 – 13h30



Après avoir profité de deux bons concerts sur les trois premiers observés en ce samedi, nous sommes en condition d’aller prendre une mandale dans les règles de l’art avec le duo allemand The Picturebooks et leur blues-rock qui colle parfaitement à l’atmosphère de la Valley.

Nous les avions déjà croisé leur d’un concert de Clutch à l’AB où ils nous avait laissé un bon souvenir. Il aura suffi d’un titre en guise d’échauffement pour entrer dans une toute autre dimension à coups de percussions imposantes accompagnées d’un chant à la fois gras et fédérateur ; les spectateurs chantent à l’unisson à chaque titre, une âme de vieux briscard en quête de virée en Harley-Davidson me gagne. Le chanteur Fynn Grabke clôture en nous demandant de venir les voir lorsqu’ils passeront à proximité de notre domicile, nous n’y manquerons pas.

Knocked Loose * Mainstage 1 * 13h35 – 14h15



Knocked Loose est occupé depuis quelques années à dépoussiérer le punkhardcore avec notamment A Different Shade of Blue (2019) qui a marqué les esprits. Outre l’originalité, c’est la violence de leur musique et des lives dantesques qui participent à fonder une réputation qui ne s’arrête plus de s’accroitre.

Ce set au Hellfest ne fera pas tâche à leur légende naissante tant la violence dégagée s’est rapidement propagée dans l’assemblée et a retournée tout sur son passage. On aurait pu craindre que la Mainstage ne soit pas l’endroit le plus adéquat pour eux, mais pour notre plus grand bonheur Knocked Loose a déjoué les pronostiques. Décidément, nous sommes en veine aujourd’hui avec cet enchaînement d’excellents concerts.

Soen * Mainstage 2 * 14h20 – 15h00



Soen a marqué mon année musicale 2021 avec Imperial (2021) qui se classe dans le top 5 annuel des meilleurs albums entendus, tout genre confondu. Après plusieurs occasions manquées d’avoir l’opportunité de les voir en salle à la suite d’annulation de tournée à répétition, je ne vous cache pas que j’étais plus qu’impatient d’enfin pouvoir les découvrir en live.

Le metal progressif de Soen se démarque notamment en raison du jeu de percussions sensationnel de Martin Lopez (Opeth) et d’un vocaliste hors-norme en la personne de Joel Ekelöf. Si j’étais atteint de cécité, j’aurais pu vous confirmer que l’expérience Soen est d’une qualité en live égale à celle affichée en studio. Malheureusement, ma vue est encore assez bonne pour pouvoir observer l’attitude de diva de Joel Ekelöf qui visiblement présente des liens de parenté avec Céline Dion qui n’avaient pas encore été portés à ma connaissance. La douche froide, assurément la déception du jour –même si musicalement, la prestation a été irréprochable.

The Darkness * Mainstage 2 * 15h55 – 16h40



The Darkness et leur rock endiablé me ramène à mon adolescence, lorsque je les ai découvert grâce à la présence du titre I Believe in a Thing Called Love dans la playlist du jeuvidéo Guitare Hero ; ah, quelle époque bénie. Depuis lors, je dois bien avouer que je n’ai plus trop suivi leur évolution.

Les frères Hawkins et leurs comparses nous ont distillé 45 minutes de fun à l’état pur. Véritable show à l’anglaise, à défaut d’avoir une musique qui restera dans notre mémoire, les britanniques nous en emmenés au pays de la légèreté avec une facilité déconcertante. En guise d’apothéose, la prestation se termine par le titre tant attendu I Believe in a Thing Called Love avec l’arrivée surprise de Michael Starr de Steel Panther.

Heaven Shall Burn * Mainstage 2 * 16h45 – 17h30



Faut-il réellement encore présenter les allemands d’Heaven Shall Burn ? Avec une carrière qui approche lentement mais sûrement le cap de la trentaine ainsi que des centaines de concert au compteur, il faut faire preuve de mauvaise volonté pour ne jamais les avoir croisés à l’occasion d’un festival typé metal.

S’ils proposent souvent de bons albums que j’ai tendance à délaisser au fil du temps, je ne suis pas rès d’oublier le show proposé aux alentours de 17h00 tant la pyrotechnie et les autres effets visuels nous paraissent dignes d’un groupe de fin de journée. Musicalement, l’ensemble des membres de Heaven Shall Burn sont des bêtes de scène qui arrivent à retourner le public. L’une des surprises inattendues du festival.

Alestorm * Mainstage 2 * 17h35 – 18h25



Nous arrivons à un moment autant classique qu’inévitable des festivals « metal » avec deux groupes festifs qui ramènent à chaque fois une foule dense et que je classerais personnellement dans la même catégorie que Dropkick Murphys –du professionnalisme, beaucoup de fun mais une musique qui manquera probablement d’originalité pour les puristes.

Malgré la récente polémique qui à mes yeux entachera à jamais la perception que j’ai d’Alestorm –difficile de connaître le véritable fond de leurs pensées, si nous faisons abstraction de ce malaise, les pirates ont sans conteste conquis la terre promise clissonnaise. Entre les excellents titres de Curse of the Crystal Coconut (2020), les immanquables de leur discographie et les nouveautés, nous n’avons pas été déçu.

Steel Panther * Mainstage 2 * 19h25 – 20h25



Avec la relativement récente vague MeToo, on pouvait légitimement s’interroger à propos de l’opportunité pour Steel Panther de présenter un show similaire au passé, avec des représentations –ironiques- de la femme en tant qu’objet et des artistes qui disposent d’un phallus en guise de cerveau. Visiblement, la contestation n’a que peu atteint les membres de Steel Panther qui ont proposé leur spectacle habituel.

Certes, nous avons bien rigolé ; cependant, nous commençons lentement mais sûrement à nous lasser d’assister à une prestation qui comporte plus de parties parlées que de musique et qui ne se renouvèle que très peu, si ce n’est l’inoubliable imitation d’Ozzy Osbourne par Michael Starr. Pour le reste, un nouvel album présentant un intérêt musical ne serait pas de refus.

Deep Purple * Mainstage 2 * 21h50 – 23h05

En toute transparence, je ne connais que très peu la carrière du mythe Deep Purple. Je les ai déjà vu plusieurs fois dans la décennie précédente et j’en retiens à chaque fois une formation qui tire son ancienneté comme un fardeau, faisant illusion que les années n’ont pas de prise sur eux.

Je ne nie pas que l’héritage musical qu’ils nous laisseront sera assurément plus conséquent que l’ensemble des groupes qui me tiennent en haleine ; je comprends également les frissons procurés chez l’ensemble des fans qui les suivent de longue date. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de regretter de devoir subir un set aussi long, sur un créneau autant prisé du Hellfest, pour une prestation plus que discutable. Le temps nous semble venu de regarder vers l’avenir, même s’il est moins rémunérateur et plus risqué.

Ghost * Mainstage 2 * 23h10 – 00h45



En tant que fan de Ghost de longue date, qui de surcroit trouve son compte à l’écoute de chaque album studio, les mots ne seront jamais assez suffisants pour décrire la joie et la fierté qui m’anime d’assister à la première prestation en tant que tête d’affiche de Ghost dans un festival majeur. Quand on connaît les liens entre le festival et Tobias le sentiment est d’autant plus grisant.



Avec ce que cela m’en coute, je ne peux pas rendre un avis 100% positif à propos du show de Ghost au Hellfest 2022. Comme d’habitude, tout était millimétré. Mais alors qu’on s’attendait pour cet évènement historique à une ou plusieurs surprises, nous avons eu pour seule originalité une chorale d’adulte, sorte de resucée de 2016 en moins percutant. Pire, la prestation se termine avant l’heure prévue en raison faiblesses vocales de Tobias Forge. Si l’on peut saluer son honnêteté, on a du mal à digérer son incapacité à prendre en considération ses capacités vocales lors de l’élaboration de son planning annuel, en particulier quand ce genre de problème est déjà apparu par le passé. Ghost a bénéficié d’une occasion de marqué l’histoire, l’essai n’est pas transformé –à notre plus grand regret. Notre déception n’était visiblement pas encore assez grande puisque le feu d’artifice prévu à la fin de la prestation des suédois a été annulé en raison de la canicule.

Vreid – 1184 Show * Temple * 01h00 – 02h05



J’en tremble encore en y pensant, le set de Vreid consacré à l’album 1184 (2001) créé par la légende Windir dont le fondateur Valfar est décédé en raison d’une tempête de neige –mais quelle histoire légendaire de black metal- est sans conteste la raison de ma présence à Clisson. J’en ai peu entendu parlé, mais le moment me semble historique pour tout amateur de black metal –les récentes sorties sur support vinyl de Windir par Season of Mist démontre un regain d’intérêt pour Windir.

A la fin de la prestation de Ghost, je me transforme en Usain Bolt belge et je pique un sprint en zigzaguant entre les festivaliers prenant racine en terre et ceux qui dorment à même le sol. Malgré les qualités et l’expérience indéniable de Vreid, deux éléments engendrent un sentiment de déception dans mon for intérieur : un son globalement peu précis ; des ordures parmi le public qui lors de chaque chanson ne respectent pas les codes du black metal, lançant des pogos à tout va, le bob fixé sur la tête. Bref, un instant de légende qui s’est transformé en bon concert, quel raté émotionnel.

LIVE REPORT HELLFEST JOUR 1

LIVE REPORT HELLFEST JOUR 3

LIVE REPORT HELLFEST JOUR 4

LIVE REPORT HELLFEST JOUR 5

LIVE REPORT HELLFEST JOUR 6

Remerciements à l'organisation du Hellfest ainsi qu'à Roger Wessier et son équipe pour l'invitation.

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