Et pourtant, tout commence bien peu après 21h. Les flashs stroboscopiques crépitent, les écrans déployés de part et d'autre de la scène se mettent en action et la bande à Greg Puciato prend possession des planches du club. Le groupe commence par "Pancer", la première plage de leur dernier disque, One Of Us Is The Killer, sorti durant le mois de mai dernier. Un titre qui entre dans la plus pure tradition des compositions estampillées TDEP. Une rythmique saccadée, une tonne de contre-temps, des guitares surpuissantes et une voix qui l'est encore plus. Dans la fosse, le coup est déjà net et sans bavure. Les pieds et les mains volent dans tous les sens. TDEP entame ensuite "Farewell, Mona Lisa", le premier titre de l'album précédent du groupe, Option Paralysis sorti trois ans plus tôt. Et là, même si l'ont sait que l'énergie développée par Dillinger en live relève souvent de l'exploit sportif, un constat s'impose: irréprochable sur ses parties criées, au niveau de son chant clean, Greg Puciato est cette fois en-dessous tout. Si d'habitude, on tolère certaines fausses notes vu l'overdose d'énergie déployée, là, pour nos oreilles de mélomane, c'en est trop!
Immédiatement après, l'homme se rattrape d'une bien belle manière en assommant le Trix avec "Milk Lizard", l'un des tubes du groupe présent sur Ire Works, son troisième effort. La suite du concert, si elle aura probablement ravi les aficionados purs et durs de la bande à Puciato, laissera par contre une grande partie du public sur sa fin. En consacrant un gros tiers de la setlist au dernier album du groupe qui, il faut l'avouer, est moins ravageur que les précédents, Dillinger nous aura quelque peu endormi. De plus, les nombreux passages en voix claire présents sur certains titres nous hérissent à nouveau tant Puciato passe à côté de sa prestation, du moins à ce niveau-là. Car pour le reste, TDEP reste fidèle à sa réputation. Si Puciato se penche de plus en plus sur le public massé à l'avant de la scène, Ben Weinman et James Love, les deux guitaristes du groupe, sont littéralement déchaînés. Le plafond de la salle se souviendra d'ailleurs du passage de l'un d'eux qui tenta de s'y accrocher. Sous son poids, quelques armatures n'ont pas résistées. Pour le numéro du guitariste suspendu, il faudra repasser.
Si les habitués du groupe seront sans doute repartis avec un goût de trop peu, les membres de The Dillinger Escape Plan savent aussi comment quitter la scène en beauté. Durant le rappel, le Trix reprend à nouveau des allures d'océan en furie. Les corps flottent sur le reste du public tandis que ceux qui boivent la tasse en-dessous de cet amas de chair pogottent de plus belle sur "Come to Daddy", un titre emprunté au britannique Aphex Twin et "43% Burn" qui était l'un des morceaux marquant du premier effort du groupe.

The Dillinger Escape Plan
Aphex Twin