Venu nous présenter New Bermuda, son nouvel album carrément apocalyptique, le quintet emmené par ce diable de George Clarke (chant) redébarquait donc avec son black metal à la sauce intello face à une AB Box presque comble pour l'occasion, ce qui, vu le niveau affiché par Deafheaven n'avait au final rien de surprenant. En action depuis 2010, le combo made in California est désormais une affaire qui marche et qui résulte du fruit de l'accouplement entre le génie de Kerry McCoy (guitare), véritable tête pensante du groupe, et la puissance quasi inhumaine qui émane des cordes vocales de George Clarke. Grâce à ce cocktail détonnant et surprenant, Deafheaven a très vite réussi son coup, à savoir ne laisser personne indifférent. Et six ans plus tard, ce sentiment est toujours là, quasiment intact voire même décuplé!

Effacé derrière sa casquette et son aspect bedonnant, Kerry MacCoy apparaît, comme à son habitude, timide et placide. De son côté, George Clarke, toujours emmailloté dans un pantalon et une chemise noirs fait son apparition en bombant le torse et en fusillant le public de son regard de feu. S'en suit une explosion de décibels quasiment orgasmique dont profitera stoïquement le public bruxellois pendant près d'une heure et demi. Car si la musique distillée par le combo s'avère dévastatrice, l'assistance reste bel et bien scotchée sur place, comme hypnotisée par cette attaque et incapable d'esquisser le moindre geste.

Enfilant les cinq titres de son nouvel opus les uns à la suite des autres, Deafheaven nous démontre une nouvelle fois sa capacité à produire un son bénéficiant tant d'une puissance atmosphérique qui donne un aspect envoûtant à sa musique, que d'un côté dévastateur ayant pour simple effet de galvaniser l'auditeur. Sur scène, on retrouve le même contraste que dans le public à savoir quatre musiciens enracinés sur leurs positions et un George Clarke habité par sa musique se frappant le torse et mouillant sa chemise du début à la fin du set.
Après avoir parcouru l'ensemble de New Bermuda, Deafheaven s'offre un rapide passage par les coulisses avant de nous revenir pour deux petits morceaux d'à peine dix minutes chacun. Avant de s'en retourner définitivement, les Californiens nous offrent un dernier petit plaisir, "Dream House", le titre d'ouverture de Sunbather, leur deuxième opus sorti en 2013. Net, précis et sans bavure, Deafheaven aura frappé un énorme coup lors d'une prestation à laquelle il est pratiquement impossible de ne pas donner cinq étoiles! Tout simplement magique!
Crédits photos: Claude Le Roux

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