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ALTARS OF MADNESS

Une exposition sur le Metal Extrême


Dimanche 1 septembre 2013

Depuis le 18 mai passé se tient l'exposition Altars Of Madness au Casino de Luxembourg (la ville) et ce jusqu'au 15 septembre prochain. Il ne vous reste donc que très peu de temps pour aller admirer les oeuvres présentées et choisies par Damien Deroubaix et Jérôme Lefèvre, les deux curateurs, avant que le projet ne parte pour Poitiers.



La seconde moitié des années 80 voit apparaître dans l'univers du Metal trois nouveaux courants musicaux underground à la fois distincts esthétiquement et caractérisés par leur forme extrême : le Grindcore, le Death Metal et le Black Metal. Le nom choisi pour cette exposition n'est autre que le titre du premier album de MORBID ANGEL
MORBID ANGEL


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, sorti en 1989.

L'exposition Altars Of Madness explore par le biais graphique et plastique, non sans en interroger sa relation avec l'extrême, ces trois mouvements. Les artistes choisis sont tous impliqués d'une manière ou d'une autre dans les courants musicaux réprésentés ici sans pour autant être musiciens.

Repartie dans seize espaces du Casino mais aussi dans l'un ou l'autre recoin de la ville, l'exposition se divise en trois parties (Lucid Fairytale, Death Is Just The Beginning et Dark Matter Landscape) comme les trois styles musicaux qui définissent le Metal Extreme.

Le Grindcore puise sa source dans le mouvement Punk et arbore dès ses débuts une connotation très politique allant de l'anticapitalisme à l'anarchie. Le genre se définit comme anti-musical et visuellement (rappelez-vous les premières pochettes de NAPALM DEATH
NAPALM DEATH


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, TERRORIZER
TERRORIZER


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ou de BRUTAL TRUTH
BRUTAL TRUTH


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) l'esthétique est immédiatement agressif pour se confronter à une certaine réalité du monde contemporain.



Pendant du memento mori de la peinture classique dont Grefory Jacobsen détourne l'oeuvre en un memento putris, le Death Metal privilégie la mort comme thématique. Elle devient à l'instar des Bosch ou Brueghel, une métaphore de notre peur fondamentale et de l'errance. Le visuel de ce genre musical puise son inspiration autant dans le symbolisme que dans l'introspection.

La troisième partie est consacrée au Black Metal qui voue une fascination à la violence. Le meurtre de Euronymous par Varg Vikernes (BURZUM
BURZUM


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) est devenu tragiquement l'expression culminante et la plus limpide de cette attirance. Le satanisme et la vénération de déités païennes en sont l'autre versant nihiliste.



En entrant dans l'exposition, après s'être acquitté d'un droit de quatre euros, nous sommes accueillis par quelques explications autour de l'exposition, un fascicule précieux pour en décortiquer les secrets nous est remis et ce sont deux oeuvres monumentales qui constituent le premier contact. D'un côté nous sommes opposés à deux sculptures (So Much Noise To Make A SilenceMajor et Minor) de Mark Tichner, en aciers rouillés évoquant les instruments de tortures connus sous le nom de tripaliums. L'agressivité sonore devient donc torture. De l'autre, au fond et entre les deux assemblages métalliques, une peinture de Damien Deroubaix trône. World Downfall fait explicitement référence à l'album de TERRORIZER
TERRORIZER


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.

On poursuit dans les salles voisines. Membre du collectif Punk, CRASS, l'oeuvre de Gee Vaucher est opposée à une autre oeuvre de Damien Deroubaix qui consiste en une variation de l'album Scum de NAPALM DEATH
NAPALM DEATH


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, cette fois.

Gregory Cuquel de son côté nous montre une oeuvre plus musicale qui fait référence à la double pédale et au jeu rapide du Grindcore.



Matthew Barney est présent via son film Cremaster 2, projeté dans une pièce particulièrement sombre. Son film est un essai biographique de Gary Gilmore, assassin et délinquant notoire qui a marqué l'inconscient collectif américain. Ce film contient une scène d'anthologie où l'artiste met face à face pour une discussion Dave Lombardo (SLAYER
SLAYER


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) et Steve Tucker (MORBID ANGEL
MORBID ANGEL


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) avec 200.000 abeilles. J'avoue qu'en ce qui me concerne, les films ou projections comme seules oeuvres montrées ne me passionnent pas dans le cadre de la dynamique d'une exposition.

A l'étage, où les poèmes de Steven Shearer nous introduisent la part belle sera accordée au Black Metal. Le Death Metal reste en retrait dans cette exposition. Si quelques petites places lui sont accordées, comme le memento putris déjà évoqué plus haut ou une réinterprétation de Beneath The Remains de SEPULTURA
SEPULTURA


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par Banks Violette, ce genre musical est plus souvent évoqué en parallèle ou de manière intrinsèque aux deux autres formes extrêmes.



Du Black Metal, l'exposition aura principalement retenu sa version nordique. Euronymous et son groupe MAYHEM
MAYHEM


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ainsi que Varg Vikernes et BURZUM
BURZUM


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sont présents par l'intermédiaire de portraits ou de peintures. Elodie Lesourd propose deux oeuvres dont une renvoie aux églises norvégiennes brûlées par Varg Vikernes et l'autre à un morceau de ROTTING CHRIST
ROTTING CHRIST


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. Les paysages isolés et le grimage noir et blanc font partie de l'imagerie retenue pour le Black Metal dans Altars Of Madness.

Si les trois courants musicaux sont ici présentés sous leur forme esthétique et visuelle, ils sont également en tant que courants underground mis en valeur pour leurs caractères sociaux et politiques. Que ce soit pour le Grindcore, le plus explicite, ou le Death Metal, le plus introspectif, cette particularité de l'exposition est ici bien exploitée. En ce qui concerne le Black Metal, genre en marge de la société, il semble avoir moins de contenu percutant dans son propos. Rejetant la société dans laquelle il vit, le Grindcore interpelle la conscience, le Death Metal nourrit notre inconscience mais qu'apporte le Black Metal à son époque ? L'exposition ne m'a pas donné de réponse convaincante à cette question. Elle m'a laissé cette impression que le Black Metal des débuts, celui que certains appellent le True Black Metal, était une forme de rejet élémentaire, véhiculant plus de provocation et un penchant morbide que la construction d'idées interpellantes.

C'est sans doute son côté manifeste qui amène le Grindcore à refaire son apparition à l'étage. Le détournement des slogans cohabitent avec une cabane à cocktails molotov dans une pièce où est érigée un mirador de Damien Deroubaix qui diffuse Amerika The Brutal de SIX FEET UNDER
SIX FEET UNDER


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.



L'oeuvre qui complète pour moi, le mieux l'exposition est celle de Juan Pablo Macias. Le Mexicain consacre une partie de son oeuvre à la réhabilitation d'une bibliothèque libertaire et anarchiste fondée en 1978 à Mexico, malheureusement aujourd'hui démantelée. Mille disques vinyles rangés dans des pochettes en papier à poncer noir, éphémères, sont laisser à disposition du public pour les écouter. Juan Pablo Macias a fait appel à des musiciens mexicains issus des scènes Punk et Metal. Une platine et un ampli, que j'ai par ailleurs du rebrancher correctement, permettent d'écouter à l'aveugle ces disques. Une expérience qui m'a replongé dans ma jeune adolescence, tant pour la manière que pour le son tiré de l'écoute.



Altars Of Madness est également complété par d'autres évènements. Bien entendu, approchant de la fin de l'exposition, tous sauf un se sont déjà tenus. Un exposé sur l'histoire et les culture de la scène Metal, une réflexion sur le Metal luxembourgeois et le double concert de NAPALM DEATH
NAPALM DEATH


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et BLOCKHEADS
BLOCKHEADS


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.

Justin K. Broadrick viendra mettre un terme à l'exposition avec son projet FINAL le 13 septembre en compagnie de SOLEIL(S) NOIR.



Il ne vous reste que peu de temps pour aller voir cette exposition. Que vous soyez amateur des musiques évoquées ou simples curieux, l'angle d'approche de Altars Of Madness éveille suffisamment l'intérêt pour découvrir trois styles musicaux qui ne sont pas que du bruit. Je ne peux que vous conseiller que d'aller enrichir votre esprit d'une telle initiative et de parcourir les oeuvres de MATTHEW BARNEY, NICHOLAS BULLEN, LARRY CARROLL, GRÉGORY CUQUEL, DAMIEN DEROUBAIX, SELDON HUNT, GREGORY JACOBSEN, THEODOR KITTELSEN, HARMONY KORINE, ELODIE LESOURD, JUAN PABLO MACÍAS, MAËL NOZAHIC, TORBJORN RODLAND, STEVEN SHEARER, MARK TITCHNER, GEE VAUCHER et BANKS VIOLETTE.


http://www.casino-luxembourg.lu/fr/Expositions/Altars-of-Madness
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