C’est au groupe belge A Supernaut que revient la lourde tâche d’inaugurer cette soirée. Les influences du trio semblent être assez larges et l’on sent cette envie de brasser énormément de périodes et d’explorer le rock de fond en comble avec des éléments psychédéliques, pop, stoner voire même soul par moment. On ne peut s’empêcher de sourire à la vue du chanteur/guitariste semblant possédé par le démon du rock ! Regard hypnotique, mouvements brusques, chant plaintif : nous ne sommes plus très loin des catacombes. Mention spéciale au combo pour son groove entraînant et ses lignes de basse efficaces. On les retrouvera en première partie de La Muerte au Centre Culturel René Magritte à Lessines le 15 octobre prochain.
Elles ont beau être deux sur scène, la puissance et l’énergie déployées par les Californiennes de Deap Vally vont s’avérer ravageuses et ce, dès l’intro Little Baby Beauty Queen avant que les riffs saignants du rapide et accrocheur For My Body ne nous démontrent immédiatement leur agressivité maîtrisée. On se prend le single Gonna Make My Own Money en pleine poire : le son est fort, direct et pour Gonnawanna, qui nous dévoile la face la plus pop du duo, la voix de Lindsey Troy (la brune) est intense. Très vite, cette dernière ne se privera pas de réclamer l’un ou l’autre remontant offert gracieusement par des membres du public. La vitesse et le rythme ne retombent cependant pas, même avec l’arrivée de nouveaux morceaux tels que Smile More qui présente de puissants et excitants riffs et peuvent être accompagnés par un chant colérique ou plaintif comme sur Julian. Julie Ewards (la blonde aux reflets roses) cogne brutalement sa batterie et ne laisse aucun moment de répit aux fans grâce à ses chœurs intenses.
À la moitié du show, le groupe demande à une de leurs amies de monter sur scène afin d’interpréter quelques morceaux dont Raw Material avant que l’on ne reparte pour une série de chansons frénétiques telles que Lies embelli par les frappes lourdes de Julie, Six Feet Under à l’atmosphère sombre ou encore Grunge Bond mettant en évidence leur amour pour la pop mélodique. Dernier baroud d’honneur avec Heart Is An Animal avant un rappel soutenu et réclamé de vive voix par une foule plus que conquise par le show proposé. Les bad girls reviennent pour trois cinglants titres que sont Baby I Call Hell, le dévastateur Walk of Shame et le déjà culte et triomphant Royal Jelly qui solde le concert par une explosion de décibels.
Il n’aura fallu que 70 minutes au duo pour mettre une nouvelle fois tout le monde d’accord. Des titres enflammés à la guitare fuzzy, des riffs heavy et stoner, une batterie cogneuse et un chant ravageur sont d’autant d’éléments propres au son de Deap Vally qui semble avoir découvert le rythme de croisière idéal. Nul doute qu’il faudra miser sur elles à l’avenir car le tandem Troy/Edwards nous a mis KO en moins de deux. Qui pourra arrêter la machine infernale ?
Remerciements au Vk
Deap Vally
A Supernaut