Je retrouve donc un Entrepôt déjà bien rempli pour le début du set de Disgraseed, groupe que l'on a pas vu dans les parages depuis quelques temps maintenant, et que l'on est plutôt content de retrouver au sein d'une affiche dans laquelle il se fraye sans problème sa place ce soir, voire plus. Ceci grâce à un set dopé par l'apport de nouvelles compos conférant un côté plus aéré, plus varié, et parfois plus groovy au groupe ardenais. De quoi les placer dans la lignée directe d'un Benighted, voire d'un Dying Fetus (ça tombe bien). Sylvain, toujours à l'aise au micro-gruik, arpente la scène en réclamant un peu d'action (''allez c'est le moment''), chose qu'il finira par obtenir en milieu de set, tandis que le reste du public ne semble pas vouloir perdre une miette de ce très bon concert, qui laisse présager un bien bon album à venir.

C'est ensuite Goatwhore qui se charge de prolonger les débats, en versant dans un Metal bien plus Thrash que ses acolytes de tournées. Un certain décalage comparé au reste de l'affiche plutôt plaisant tant Goatwhore maitrise son sujet. Et si Sammy Duet (guitare, ex-Acid Bath, ex-Crowbar) ne semble pas convaincu de l'accueil réservé à son groupe (allant jusqu'à nous vanner un chouia ou nous accuser d'avoir peur), Louis Benjamin Falgoust II (chant, aussi dans Soilent Green) se veut plus consensuel et anime avec conviction un set d'où surnagent quelques compos immédiatement reconnaissables (comme Apocalyptic Havoc ou le très enlevé Baring Teeth for Revolt). Largement de quoi déclencher les premiers slams de la soirée (on notera d'ailleurs que Louis Benjamin aide ses fans à arriver sur scène) et faire monter l’ambiance de plusieurs crans... tout autant que la température de la salle qui va atteindre des niveaux assez élevés. Torché en une trentaine de minutes mais un set mené de main de maitre ! A noter également la présence fort sympathique des musiciens au merch' (très disponibles pour les photos et autres autographes), ainsi que celle de Scott Lewis de Carnifex. Et Carnifex, parlons-en.

Voici donc donc le cas Carnifex. A première vue, la présence des Américains pouvait surprendre, ainsi coincé entre les plus old school Dying Fetus et Goatwhore. Mais il est vrai que, depuis son année de pause en 2012, Carnifex essaie de se détacher un peu de l'image purement Deathcore sur laquelle il jouait jadis, pour miser davantage sur son talent plus Death. C'est d'ailleurs bien ce que nous dit Scott en entrant sur scène (bel accueil du public au passage...), lui qui évoque un ''death metal show''. A raison ? Pas vraiment... Si on sent effectivement un effort du groupe pour plomber un peu son propos, il faut malgré tout supporter les bandes et autres 'orchestrations' un peu lourdingues disséminées çà et là, et ce en dépit de quelques solos bien sentis sur les nouvelles compos. Disons-le tout net, en ce qui me concerne, ce set de Carnifex tombe à plat, notamment en raison de compos assez répétitives, et tout simplement d'un relatif manque d'intérêt de ma part vis-à-vis de ce qu'est devenu le groupe (il faut bien l'avouer).
Un concert heureusement sauvé par le croque-monsieur du duo oeuvrant en cuisine, les habitués comprendront :)

Alors que Dying Fetus se fend d'une nouvelle intro guillerette (Tomorrow, extrait de la comédie musicale Annie… si si !), on a tout le loisir d'observer le nouveau décor proposé par le trio, doté maintenant d'une nouvelle bannière de fond de scène ainsi que de deux imposants panneaux derrière lesquels John et Sean iront souvent reprendre leur souffle. Les voilà d’ailleurs qui débarquent sur scène, sous les acclamations d'un public déjà conquis. Et il y a de quoi... Auréolé d'une rumeur évoquant un groupe en grande forme en début de tournée, Dying Fetus va effectivement retourner l'Entrepôt sans aucune difficulté. Le set démarre pourtant presque gentiment avec le morceau éponyme de son dernier album, suivi de Panic Amongst the Herd, issu lui aussi de Wrong One To Fuck With. Mais le concert prend ensuite réellement forme une fois les classiques plus old school sortis de leur boite à blasts. Ainsi, après nous avoir demandé si l'on souhaite effectivement entendre une ancienne compo (bien sûr !!) Dying Fetus nous balance un Grotesque Impalement excellemment joué, par des musiciens faisant montre en outre d'un niveau technique ahurissant tout au long du set, et donnant corps aux nombreux autres hits issus de leur discographie servis par la suite : les Fixated on Devastation dévastateurs ou autres Opium of the Masses au top, ou encore ces extraits de Reign Supreme qui marchent du feu de Dieu, en atteste l’énorme riff de From Womb to Waste.

Qui plus est, le groupe est magistralement servi par un son au top (comme bien souvent ici), si bien que ce concert passe à une vitesse au moins équivalente à celle de Trey Williams à la batterie. On arrive donc déjà au mini rappel (que nous devons mériter en criant plus fort) inévitablement servi sur Kill Your Mother, Rape Your Dog. Un sursaut final qui nous délivre de la chaleur de l'Entrepôt, les oreilles encore rougies du déferlement qui a précédé. Impérial !

Remerciements à Cronos ASBL
Prochain rendez-vous en octobre avec le Night Fest Metal !
https://www.facebook.com/Night-Fest-Metal-268297926977/

Benighted
Dying Fetus

