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Live report 14-05-2014 par Guillaume 9 min de lecture

Neurotic Deathfest 2014 : le pèlerinage Death Metal annuel - Jour 2

Même si le temps n’est pas aussi clément que l’année dernière, impossible de venir à Tilburg sans profiter de cette charmante ville. La matinée du samedi sera donc consacrée à une nouvelle exploration de la ville et de ses nombreuses terrasses. De quoi se mettre en condition pour une bien alléchante deuxième journée de festival.

Je garde peu de souvenirs du set de Funerus. Non pas qu’il fut mauvais, le groupe étant très bien en place et leur death assez sombre plutôt plaisant à écouter. Finalement un groupe d’ouverture assez typique pour le Neurotic, ceci expliquant peut-être cela.



Cytotoxin était très attendu par les fans de Origin et autres Necrophagist. Malheureusement, le côté très technique (voire mélodique) que l’on peut ressentir à l’écoute de leurs sorties studio (comme Radiophobia) s’efface quasi complètement sur scène pour ne laisser place qu’à leur très dévorant côté brutal. A revoir cependant.

Cette semi-déception mise de côté, c’est l’occasion d’assister à la fin du set de Abnormality, qui jouait en même temps sur la Third Stage. Le rendu est classique, mais reste intéressant, notamment par la présence de Malika au chant. Le groupe a manifestement convaincu lors de la tournée avec Dehumanized (le package fait ici son ultime étape), espérons les revoir bientôt.

Cette deuxième journée à peine commencée, c’est déjà l’heure pour les grindeux de Brutal Truth de faire leurs adieux aux Pays Bas. Les Américains, visiblement bien éméchés, ont concocté une setlist qui revisite leur discographie comme il se doit pour cette tournée d’adieu. Un set un peu bordélique, forcément, mais vraiment accrocheur, pour une des petites claques de ce festival. Un groupe qui va manquer à la scène, c’est sûr.



Cerebral Bore est un habitué du Neurotic et se produit dans une Second Stage pleine à craquer. Un probable effet de curiosité suite au remplacement de Simone, par le growleur Sam Whitaker. Mais comme mon voisin me le dira pendant le concert « au final ça ne change pas grand-chose ». Brutal comme il faut, mais quelque peu répétitif.

Manifestement, Beneath est attendu. La Third Stage est déjà bien remplie alors que le concert des Islandais ne doit démarrer que dans une poignée de minutes. Probable résurgence de leur performance réussie lors du Neurotic 2011, et de la qualité de leur sorties studio. Beneath va répondre à cette attente avec un des meilleurs concert de la journée. Le son est très bon et met bien en valeur les compos empreintes de technique et de mélodie d’un groupe par ailleurs fort sympathique et très présent au merch’ pour les fans. Un énorme regret cependant : l’absence de Enslaved by Fear de la setlist. Renseignements pris, le groupe n’a pour l’instant pas d’autre tournée prévue, et c’est bien dommage !



Même si le Neurotic n’a parfois pas froid aux yeux, il est assez étrange d’y voir programmé le deathcore de Despised Icon, surtout aussi haut sur l’affiche. Alors qu’on pouvait craindre un certain rejet du public du festival, plutôt old school dans l’ensemble, l’accueil réservé au groupe est bon, certains morceaux se retrouvant acclamés et la grande salle ayant fait le plein. Il faut dire que l’on retrouve tout le sel des Canadiens : un son impeccable au service de ce double chant complémentaire et de ce réel effort dans les compos (qualité finalement rare chez les groupes de deathcore qui se photocopillent les uns les autres). Alors que Alex rend hommage à Suffocation, Dying Fetus et Cryptopsy, on a surtout envie de lui conseiller d’enterrer Obey the Brave et de retrouver Despised Icon en mode full time. Un excellent concert conclut par un épique MVP.



Le décalage est donc assez fort avec Hour of Penance. Assez bon sur album, les Italiens souffrent quand-même de cet aspect un peu pompeux du groupe très Behemoth dans ses intentions. Ce live renvoie les mêmes défauts, et laisse finalement la même impression mi-figue mi-raisin que lors de leur tournée avec Cannibal Corpse l’année dernière.

Epicardiectomy, comme Kraanium la veille, et avec les mêmes défauts, permettra aux fans de Slam de trouver leur exutoire de la journée. Les fans sont ravis, les autres restent perplexes mais difficile de nier l’efficacité du rendu sonore.

Un des gros morceaux de la journée est constitué par Lock Up. Ce all-star band composé notamment de Shane Embury (Napalm Death) à la basse, Nick Barker (Brujeria, entre autres) à la batterie et Tomas "Tompa" Lindberg (At The gates) au chant se produit assez rarement, et plutôt en contexte festival . Le retour de At the Gates posant beaucoup de questions sur l’avenir du groupe à court terme, il fallait vraiment être devant la Main Stage pour prendre sa dose de grind si caractéristique. Le groupe n’a en effet sorti que des tueries studio, et cette prestation live leur fera honneur. Ces riffs ! La setlist est un véritable best of, et Brutal Truth prend même part à ce concert : Lilker en guest à la basse sur un titre, et Kevin Sharp… dans le pit ! Comme le conclut Tompa « We don’t like Death Metal… We love Death Metal ! ». Pour le coup, on adore Lock Up.



Malignancy signale le début d’un enchainement de NYDM assez mythique. Un peu plus evil que ses compères, mais tout aussi brutal, le groupe se distingue en outre par une communication poussée avec son public. Très bon concert .



En parallèle, Antropofagus attire un public plus clairsemé sur la Third Stage. Dommage, car si leur formule ne réinvente pas le Brutal Death, on y retrouve quand-même bon nombre de superbes solis parfaitement reproduits sur scène. Une place de tête d’affiche de la troisième scène plutôt flatteuse, mais avec une concurrence difficile.

Car ce n’est pas moins que Skinless qui va prendre possession de la Main Stage. Revenu d’entre les splits il y a quelques mois, le groupe fait ici son grand retour en Europe pour un show exclusif. Les Américains sont très attendus et ne vont pas décevoir, leur musique prenant tout son sens sur scène. Comme sur album, on retrouve des intro de films en ouverture de plusieurs morceaux, et surtout ce son si gras et magnifiquement (si on peut dire) mis en valeur dans cette salle de l’o13. Le rendu est dantesque, et le groupe prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer ici. Le chanteur notamment, très communicatif (et très présent ensuite dans les travées de la salle), ira de ses quelques blagues capillaires, ou présentera de manière convaincante le nouveau morceau annoncé comme leur « heaviest » (le rendu sera pourtant assez mélodique). Une grosse claque.



Avec Dehumanized, on poursuit le cursus à l’école du Death sauce New York. C’est inspiré, c’est brutal, c’est bien joué. Avec un groupe très à l’aise sur scène qui se permet même de prendre la pose pour les photos, voilà encore une fois un set qui passe très vite et qui se suit avec beaucoup de plaisir.

Tête d’affiche pour ce soir, Suffocation fait salle comble, comme deux années auparavant au même endroit. Petite déception pourtant : en dehors de la projection géante de leur logo en toile de fond (tous les groupes de la main stage bénéficient de ce système impressionnant), aucun artifice ne permet de « deviner » qu’il s’agit là d’un show de tête d’affiche. C’était déjà le cas pour Terrorizer la veille, mais leur présence en elle-même était déjà un événement. Ici, si on retrouve un Suffocation avec Frank Mullen au chant (mais il sera aussi présent cet été lors de la prochaine tournée !), on repense quand-même avec une pointe d’amertume au show de Carcass l’année dernière avec décor, projections video et tutti quanti. Mais c’est Suffocation. Comme à chaque fois, le groupe se mue sur scène en rouleau compresseur du Death. Et ce son… ce son !! Absolument parfait, il rend honneur au travail effectué sur scène par chaque musicien, tous excellents sur scène, avec cette année une mention spéciale à un Derek Boyer très démonstratif à la basse. Sans oublier les vocaux inhumains de Frank, véritable marque de fabrique du groupe. L’uppercut final est asséné un Thrones of Blood aussi attendu qu’intense, concluant une setlist bien ficelée où les classiques répondent aux morceaux plus récents tels que As Grace Descends.



Enfin, pour terminer ce festival, rien de tel qu’un peu de grind festif avec Gutalax. Dommage que le groupe ait rencontré un soucis technique en début, car quelle ambiance ! Le pit, version dancefloor, est tout autant déchainé que le groupe dont on se rend compte sur scène de la pertinence (pour le style !) des riffs. Le guitariste sait clairement jouer, et Gutalax peut s’appuyer sur cette qualité pour livrer son show. Ce qui n’empêchera évidemment pas les quelques blagues du type « nous allons maintenant jouer une cover de Meshuggah ». Fun, et parfait en clôture !

Voilà donc une deuxième journée très réussie, marquée par un enchainement de Brutal Death qui restera dans les annales (Malignancy, Skinless, Dehumanized, Suffocation), surtout ainsi soutenu par des légendes du Grind tels que Lock Up ou Brutal Truth.

Malheureusement, le festival s’arrêtera ici pour moi, diverses obligations m’empêchant de participer à la journée du dimanche marquée notamment par le retour de Gorguts et la présence des thrasheux de Dark Angel en tête d’affiche. Pas grave, ces deux jours passés au Neurotic furent une nouvelle fois excellents.
Son organisateur, Ruud, a songé un moment à arrêter le festival après ses 10 ans… espérons qu’il oublie vite cette idée ! Vivement l’année prochaine !

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