Reportage

Une soirée aux Aralunaires d'Arlon avec Inter Arma, Celeste et Mont-Dore

Bruxelles (Botanique ), le 04-05-2017

Samedi 6 mai 2017



Evénement incontournable de la Province de Luxembourg, les Aralunaires d’Arlon fêtent cette année leur neuviève édition. Cinq jours durant, Arlon vibre donc, comme chaque année, aux sonorités éclectiques (Rock, Metal, Jazz, Hip Hop, Electro : tous les styles sont représentés) s’échappant de la soixantaine de concerts organisés dans toutes sortes de lieux. Tour romaine, Ancien Palais de Justice, Eglises... et bien entendu cette chère salle de l’Entrepôt qui accueille ce soir le Screamo-Post-Hardcore machin chose de Mont-Doré, le Post-Black-Hardcore machin chose de Celeste et le Post-Sludge Metal machin chose d'Inter Arma. Beaucoup de 'Post' et beaucoup de 'machin chose' donc, mais surtout une affiche pointue et prometteuse qui mérite bien mieux que cette timide fréquentation, un problème d’affluence que l’on retrouve malheureusement un peu trop souvent ces temps-ci dans la région.



Les Bruxellois de Mont-Doré se chargent donc de l’entame de cette soirée, et quelle entame ! A l’opposé d’un public encore timidement éloigné de la scène, Mont-Doré délivre un set à la fois intense et poignant, à l’image de Paul, son chanteur, utilisant à font cette technique particulière consistant à faire surnager son chant au-dessus des instru en hurlant comme un beau diable, le micro éloigné de lui. Doté en outre d’un son cristallin et d’une petite touche technique pas vilaine (Benjamin, à la batterie, est assez impressionnant), le groupe fait évidemment penser à Touché Amoré, pour prendre une référence récente et connue, mais donne surtout envie de ressortir tous ses disques de Screamo des années 90 et du début des années 2000. Un concert très convainquant donc, et qui semble sidérer un public encore très timide, tout en contraste avec l’énergie dégagée par le groupe, mais qui répondra à la sollicitation de celui-ci en se rapprochant de la scène en fin de set, permettant ainsi à Paul de se lâcher encore davantage en chantant à genoux ou en rejoignant la fosse pour le dernier morceau. Le concert du prochain Ieperfest devrait valoir la peine d’être vu !



Le timing prévu pour les changements de plateau s’avérant un peu plus long qu’à l’accoutumé, on s’occupe comme on peut. Passé le « spectacle » offert par les voitures tapant leur bas de caisse sur la bordure du trottoir face à l’Entrepôt, il est temps d’aller se remplir les poumons des habituels fumi enveloppant Celeste sur scène, et de se faire aveugler par nos cyclopes rouges. Les loupiottes sont bien là, les fumi aussi – mais moins prononcés que la fois précédente parait-il - et c’est donc parti pour ce trip si particulier dans l’univers de Celeste. Un univers désolé, grave, mis en musique par ce Post Black Hardcore soutenu et arraché mais dont la linéarité tend à assomer malgré les respirations offertes par ces longues plages instru, réussies. Celeste réussit son concert mais paradoxalement dépasse peut-être un peu trop son objectif et rend son show par trop suffocant.


(Celeste live + smartphone = photo pourrie, c’est prouvé !)

On change donc à nouveau d’univers avec la tête d’affiche de la soirée, Inter Arma, dont le dernier album en date, Paradise Gallows, a connu son petit buzz l’année dernière en récoltant moult critiques positives (album Metal de l’année chez Stereogum quand-même), et dont les prestations live semblent être à l’avenant si on en juge par les retours dithyrambiques du dernier Roadburn (judicieusement calé en début de tournée). Passé une intro fleuve toute en progression dramatique, nos chevelus-barbus nous réveillent avec l’énorme Transfiguration, dont la profondeur et la violence surprend presque, notamment au niveau du chant, certes toujours halluciné par moments mais aussi plus brut que sur album, ainsi délivré un Mike Paparo qui bouge comme un damné tout le long du concert.



Poursuivant avec le plus Mastodon - dans l’esprit, mais en plus extrême - An Archer in the Emptiness, Inter Arma se charge de nous faire entrer à coups de butoirs telluriques dans son univers, sorte de croisement entre Mastodon, Baroness et les Pink Floyd... sans oublier cette influence Neurosis que l’on ressent dans les longues plages introspectives desquelles surgissent quelques riffs bien reconnaissables. Une longueur qui semble cependant plus digeste que sur l’album et finalement bien adaptée à la musique d’Inter Arma, devant forcément se contenter ce soir d’une poignée de ses titres à rallonge.



Des sursauts leur permettent cependant de taper dans le mille de leur magma, fait d’une lourdeur totale qui oublie évidemment toute idée de plan trop évident. Ainsi, si Trey Dalton (guitare rythmique) reste somme toute placide, T.J. Childers (vu aussi chez Windhand, live) s’en donne à cœur joie et atomise un public qui s’en demandait pas tant et reste plongé dans une sorte de léthargie - comme écrasé par cette pesanteur. On pense alors à Yob, toute proportion gardée et le côté mélodique en moins - une caractéristique qui rend d’ailleurs Inter Arma encore un peu difficile d’accès. Mais rien qui n’empêche les plus motivés de réclamer un rappel, obtenu sans trop de peine, Inter Arma nous offrant alors l’impeccable Primordial Wound en conclusion, jouée devant les enceintes.

Inter Arma reviendra en Europe en septembre prochain à l’occasion de la tournée réunissant Der Weg Einer Freiheit et Regarde les Hommes Tomber : voilà une affiche qui n’en devient que plus prometteuse !



Remerciements à l’Entrepot d’Arlon et à l’organisation des Aralunaires
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